lundi 12 octobre 2009

LAO TSEU MISE A JOUR DE LA VOIE INTÉGRALE



*INTRODUCTION*


Nul ne peut vous empêcher de gagner le Tao pas plus que quiconque ne peut vraiment vous y aider. Si vous vous inventez des adversaires, vous vous inventerez aussi des alliés tout aussi imaginaires, sur lesquels vous compterez en vain. Si vous vous inventez des alliés propices, tels des pères spirituels, vous vous inventerez aussi des ennemis, virtuels mais aussi hostiles que de vrais adversaires. Compter sur les autres, ou se méfier des autres, c'est la même chose. Aimez celui qui ne vous donne rien. Si vous ne l'aimez pas, c'est que vous attendiez qu'il vous donne quelque chose, et de quel droit attendiez-vous cela... Aimez celui qui vous résiste et vous pousse dans vos retranche­ments. Il met à l'épreuve votre sincérité, vous dégraisse de toute complaisance, et vous aide à trouver vos véritables racines. Évitez celui qui tente vraiment de vous nuire et ne cherchez pas à le combattre. Les chemins sont larges, la Terre est immense. Toutes les voies se croisent. Vous pouvez être emportés dans de puissants sillages ou contenir dans le vôtre des âmes qui grandissent. La vie bifurque à chaque instant, le jour devient la nuit, la nuit devient le jour.

Vous serez seul quand vous aimeriez suivre ou être suivi. Vous suivrez ou vous serez suivi alors que vous préféreriez être seul. Que votre esprit soit large comme le rivage pour supporter les entrelacements qui vous guident vers les frontières infran­chissables que vous franchirez.

Démarquez-vous en embrassant toujours davantage de cercles, absorbez les individus, les clans, les races. Si vous explorez les gouffres, montez parfois vers les sommets. Si vous explorez les cimes, visitez parfois les cavernes.

Voyez le bien s'emboîter dans le mal, l'erreur déguiser la vérité. Voyez que l'errance aiguise la vigilance, ne suivez pas de routes toutes faites, sinuez en droite ligne, sans crainte de vous tromper d'itinéraire, et sans vous prévaloir, pour vous ras­surer, de connaître la destination. Le chaos vous oblige à la rigueur, la confusion caresse votre discernement. Les multiples carrefours se présentent.

Sachez que rien ne vous sépare du Tao, si ce n'est le senti­ment que vous en êtes séparé, sentiment que vous cultivez, avec vos répulsions, vos jugements de valeurs, vos condamna­tions et vos approbations. Tout existe en toute légitimité, par-delà vos opinions et vos valeurs, par-delà vos doutes et vos cer­titudes. Vous ne changerez l'obscurité, vous n'abolirez le péché et l'ignorance, qu'après vous être soumis à la Totalité.


(...)

Malgré les verbes conjugués à l'impératif dans ce livre, je ne voudrais pas qu'il fût pris pour une suite d'injonctions à l'égard du lecteur, que je proposerais ainsi de sauver. Je ne suis là que pour aider à ouvrir le chemin, et jamais je ne vous demanderai en retour, ni de reconnaître mon autorité ni de vous engager dans une voie précise où j'exi­gerais quoi que ce fût — pour prix de votre passage sur l'autre rive. Ces considérations, inutiles dans les sociétés tradition­nelles, sont urgentes ici même. Plus les êtres humains sont éga­rés, plus ils s'imaginent que des brigands sont à l'affût pour les égarer davantage. La peur engendre la peur.

Revenons-en tout simplement à ce que nous proposons, nous,

les fabricants de 'boites à outils', avant que l'on dise à notre place

quelle est notre vision du monde, avant qu'on cul­pabilise ceux qui la refusent, avant qu'on vénère ceux qui s'en emparent et la caricaturent. Séparons le yeou qui se salit, d'où la nécessité de le nettoyer, du wou toujours incorruptible.

Pour la voie intégrale, il est nécessaire de comprendre qu'elle doit se développer dans les trois directions interdépen­dantes du mental (examen de soi sans finalité), du souffle (ges­tion du désir, des impulsions et des réactions, des émotions) et enfin du corps (rôle des sensations et des appétits). Je dévelop­perai par la suite et vous donne ainsi les seuls points de repère nécessaires et suffisants pour pratiquer la voie intégrale.

(...)

*6*

Comment s'impliquer dans la voie intégrale.

(Où je réhabilite le Yin et tempère le Yang).



Parle peu pour mieux t'abandonner.

Tao-tê-King Chapitre 23


Le problème est le spirituel. Quand on cherche à gagner un lieu, on prend une carte et l'on se renseigne sur l'itinéraire. Mais par définition, le spirituel n'est pas localisable, sinon nous y serions déjà. Le spirituel commence toujours, c'est une loi absolue, par la prise de conscience d'un manque. Ce manque peut être plus ou moins flou ou précis, plus ou moins intense, sporadique ou permanent. Puisque le spirituel c'est ce qui manque, il est impossible de le trouver autrement qu'en le repé­rant quand il se manifeste. Toute lacune est pleine de ce qui viendra la combler. Le spirituel commence à vivre dans l'aspi­ration consciente à embrasser le Tout, le Tao, à se libérer de l'ignorance, ou à être en contact vivant avec le Divin. Il est de cet ordre-là. Dessiner soi-même les chemins de sa propre vie spirituelle en décrétant l'itinéraire qu'on va prendre est le moyen pour demeurer dans le sempiternel yeou, décoré de fan­tasmes lumineux. On ne parcourra que sa propre ignorance qui aura sélectionné elle-même un programme préconçu de préoccupations, de comportements, de réactions supérieures à la per­ception du monde. On peut maquiller la conscience ordinaire en conscience élevée, ne rien changer à la structure de sa per­ception tout en enjolivant sa vie de croyances. Savoir où l'on va en matière spirituelle est un mensonge. La formule vous semble sans doute lapidaire, mais je m'en expliquerai longue­ment pour que votre raison ne se braque pas. Si le spirituel pou­vait s'approprier en suivant une direction, l'humanité serait réa­lisée depuis des milliers d'années.

Aussi vous devez vous méfier des systèmes. Ce sont des pièges qui emberlificotent les évènements dans une trame trop précise. Tirez la quintessence, mémorisez seulement les quelques points essentiels d'une doctrine. Ils ne dépassent jamais la dizaine. Ne vous forgez pas des lignes rigides d'inter­prétation des choses, sinon tout votre vécu s'enroulera toujours sous la même forme. Au lieu de faire de multiples expériences du moi, d'éprouver des tensions, d'élargir les perceptions, vous risqueriez de vivre dans une homogénéité factice, faite de juge­ments rabougris, de significations répétitives, de prédilections fausses et de répugnances superfétatoires. Une cage ordonnée par vous-même à partir de laquelle vous diaboliserez tout ce qui ne vous convient pas.

Laissez le vécu vous pénétrer totalement. Le système taoïste est l'un des seuls où l'on trouve explicitement une égali­té de qualité et de force pour les principes masculin et féminin. Non seulement je n'ai pas dévalorisé le féminin, ce qui est cou­rant dans les systèmes religieux et philosophiques, mais je lui ai donné une prééminence sur le masculin. Pour comprendre la chose dans son ensemble, il faut naturellement s'intéresser de près à la philosophie chinoise, et trouver les vérités profondes cachées derrière le masculin et le féminin. Je montre tout au long du Tao-tê-King que la faiblesse l'emporte sur la force. La faiblesse est parfaitement Yin (malléabilité absolue) et la sou­plesse est le retour du yin vers le yang — le mouvement; la souplesse combine les deux principes vers l'adaptation de la vie. La force est parfaitement Yang (incoercibilité absolue), et la rigidité est le retour du yang vers le Yin — le repos; la rigidi­té combine les deux principes vers les univers de non-vie, la mort (cristallisation, rigidité cadavérique). Les deux principes sont toujours mélangés dans la manifestation, comme le rappel­lent le point blanc dans la goutte noire du cercle du Taï-Chi et le point noir dans la goutte blanche. Prenant l'eau comme modèle, je montre que la souplesse s'adapte mieux que la rigi­dité à toutes les circonstances de la vie et du temps. La glace fond à la chaleur pour redonner la vie. Le mouvement totale­ment fluide de l'eau, qui féconde tout, est le symbole du Taï-Chi, l'écusson chinois universel avec les deux gouttes noire et blanche inversées dans le cercle, gouttes que certains appellent poissons. C'est aussi dans une perspective métaphysique que le Yin l'emporte sur le Yang, quand il s'agit de rendre hommage à l'immuable, à l'incréé, c'est-à-dire au Soi obtenu par illumina­tion, consécration du cheminement authentique. Le paradigme est clair dans le chapitre 39 du Hua-Hu-Ching: "Il n y a rien dans l'univers, soit d'achevé soit d'inachevé. L'accompli se nomme la phase de repos et de rigidité, l'inaccompli constitue la phase dynamique et de flexibilité. Le phénomène d'immobi­lité est appelé Yin, et le phénomène dynamique Yang. Le Yang est toujours en train de se pousser vers l'avant avec des buts tandis que le Yin demeure réceptif et prêt à rejoindre le Yang pour continuer le processus d'accomplissement. L'intégration du Yin et et du Yang est appelé Taï Chi. "

Je veux en venir à quelque chose de tout simple qui va en décontenancer plus d'un: il vaut mieux, en tout cas pour une personne vraiment sincère, se laisser aller dans la vie sans repè­re que se forger des critères préconçus. Maintenez la fermeté de votre impulsion spirituelle (Yang) mais laissez-là épouser votre vécu, ne la déroutez pas de ce qui arrive. Rectifiez au fur et à mesure. Ne creusez pas la différence entre le Yang, votre mou­vement solaire, et le Yin, votre sensibilité lunaire qui est partie prenante des circonstances. Plus vous êtes ferme intérieure­ment, plus vous tolérez des variations et des contrastes violents extérieurement. La capacité d'être souple dans le vécu, vécu qui ne dépend pas que de nous, s'accompagne de la capacité d'être fixé sur notre aspiration, qui ne dépend que de nous. Vous savez alors que les évènements ne peuvent pas vous détourner. Si vous ne comprenez pas cela, vous allez vous éga­rer dans le Yoga, le zen, le bouddhisme, toutes les voies orien­tales passées maîtres dans la structuration des stratégies spiri­tuelles. Car en Orient, les stratégies n'ont pas de finalité, et demeurent des modèles, des virtualités idéales, tandis qu'en Occident elles s'imprègnent de l'obsession d'aboutir, louée sous le terme de "volonté". Un occidental s'acharne en général à suivre une voie préconçue au lieu d'attendre les points de repère qui proviennent naturellement des jonctions effectives et imprévues entre le moi et le Tout. C'est un leurre de vouloir faire adhérer le vécu à ses principes, de l'ajuster au plus près. La vie se moque de nos principes et toutes les personnes qui s'acharnent à ne vivre qu'en fonction de leurs principes spiri­tuels, sans rien laisser entrer d'autre, deviennent sectaires, méchantes, intolérantes, et finalement stupides.

Ramenez votre esprit au corps, qui se positionne sans cesse sans faux-fuyants dans un espace bien réel — contraire­ment à l'espace mental constellé de croyances, de retours de refoulé, de vœux, et d'approximations qui déchirent le Tout comme des bistouris. En tout cas, c'est cela la formule des pionniers. Ramener le haut au bas, et le bas au haut. C'est mon propre système. Gautama avait agi comme cela, puisque il est connu qu'il ne se satisfaisait jamais de l'enseignement des maîtres qu'il côtoyait. Il ne s'est pas égaré dans son immense domaine mental supérieur. Il a abandonné tous les repères qui auraient fait de lui un imitateur, et s'est laissé couler plus loin dans sa quête, protégé par son aspiration exceptionnelle. Il a bien dit qu'il fallait transformer l'inférieur pour le supérieur —la peur et le désir pour la paix et la plénitude. Jésus s'est vu confirmer son statut par Jean le Baptiste après quoi il a fait cavalier seul, et s'est très peu référé aux écritures juives. Pour que les hommes cessent de se punir les uns les autres pour des bagatelles, il a affirmé que Dieu Lui-Même ne cherchait pas par principe à punir la faute, mais à la pardonner. Leçon mal comprise s'il en fût. Il désirait que les hommes n'eussent plus la crainte de Dieu, très à la mode à l'époque, mais il a échoué, car l'Église a trop conservé de choses de l'ancien testament pour ne pas tuer dans l'œuf sa vraie doctrine.

Avec quoi comblez-vous le manque spirituel ?

Ne vous précipitez pas sur des nourritures faciles, conti­nuez vers le dedans, laissez le manque s'accroître et l'appétit se renforcer. Laissez la lacune prendre une vraie forme où viendra S'emboîter la réponse correspondante. Vous verrez bien, finale­ment, que le territoire le plus sûr c'est le moi, c'est-à-dire l'intérieur de vous-mêmes. Vous êtes le seul à en pouvoir dres­ser la carte. Vous ne trouverez pas une seule grande doctrine spirituelle (je ne dis pas religieuse mais spirituelle) qui n'exige pas d'abandonner le goût pour le non-moi, l'extérieur, pour la curiosité intérieure, totale. Les explorateurs de l'esprit finissent toujours par découvrir le soi, des filons élevés d'inspiration, des lignes directes avec leur âme. Les cartographes savent ce qu'il faut faire et éviter de faire, mais ils confondent les pensées "qui arrivent" avec l'analyse permanente et intime de la vie et de ses tiroirs (sensations, émotions, sentiments, pensées, valeurs). Toutes les vérités qui vous arrivent dans la tête sont contestables. Celles que vous avez expérimentées, pour aussi infimes qu'elles paraissent sont beaucoup plus sûres. Il faut les suivre. Il faut commencer à découvrir par soi-même quelques vérités essentielles, et ensuite, la pompe est amorcée. Les plus belles vérités extérieures ne servent de rien. Sauf à vous justi­fier et à vous défendre.

En fait, il y a des individus engagés dans une voie précise, qui porte une étiquette et pas une autre, mais qui savent "n'attendre rien de particulier" de leur engagement. Ceux-là je ne les condamne pas. Ils ne prennent pas la carte pour le terri­toire. Ils savent avancer en ondulant, comme la majeure partie des ondes qui vont en ligne droite en serpentant alternativement à droite et à gauche. La ligne droite est une succession de méandres rétablis dans la même direction. Une nouvelle image pour comprendre que le Yin et le Yang avancent de concert.

Une voie spirituelle qui va tout droit fabrique des œillères, une voie spirituelle qui se fond dans tous les évènements sans jamais les modifier se perd dans la vie elle-même, puis finit par se dissoudre. Les esprits souples sont tout près de la position que je vante et ils peuvent conserver, avec un recul certain, une obédience de principe. Même les grands mystiques doutent par­fois de l'existence de leur Amant, et plutôt que réduire cette expérience à une sorte d'épreuve préconçue par Dieu, il faut y voir au contraire l'esprit accéder à une lucidité sans faille. Quand même l'espérance apparaît comme une gourmandise de l'ego — une complaisance, quand le moi se rassemble dans une attente prolongée et intense qui n'aboutit pas, c'est logique, humain, naturel, de tout jeter à la poubelle — y compris l'atten­te de Dieu.

Le doute sur le plan mental mène au discernement, mais il est toujours équilibré par une certitude profonde, celle qui voit que le cheminement, la ramification, est légitime — même en l'absence de résultats. Les hindous insistent beaucoup là-des­sus, le renoncement aux œuvres, car ils ont l'esprit si spéculatif qu'ils aiment se perdre dans leurs considérations sur 'Dieu' très longtemps avant de comprendre qu'ils doivent vivre leur démarche au lieu de la projeter dans leurs traditions, leurs gou­rous, leurs collections de textes sacrés. Pour les encourager à faire quelque chose, les canons immémoriaux leur rabâchent qu'ils doivent renoncer aux résultats. En ne cherchant pas de récompense, ils se sentent moins pénalisés par leurs propres faux pas, les hindous, trop scrupuleux en matière religieuse. Pour les bouddhistes et les asiatiques qui sont pragmatiques et moins sentimentaux, le détachement du fruit de l'oeuvre est plus facile, car ils en escomptent un bénéfice supérieur auquel ils renoncent également. Ils peuvent jouer avec ce genre de paradoxes en jonglant avec leurs processus mentaux car ils font tout un tas de pratiques pendant lesquelles ils observent leur propre esprit. L'homme de l'ouest est celui qui a le plus de peine à agir sans savoir ce qu'il récoltera à partir de son enga­gement. Il n'arrive pas à vivre sans finalité. Il est épouvanté à l'idée de perdre du temps. Il adhère au passage de la durée avec une rare passion. Cela l'éloigne du présent pur, qui est cepen­dant le trésor du taoïsme (vide ou invisible wou), le joyau du bouddhisme (sunyata), et le fonds de commerce des gourous de l'Inde (Atman= Brahman).

Préparez-vous à ne rien récolter tout de suite dans la voie spirituelle: au départ elle va à rebours de tout ce qui a été mémorisé. On vous a toujours appris à aller quelque part. Et vous faites la même chose dans le spirituel. C'est là l'erreur. Abandonnez les chemins convenus, un par un. La voie confor­me au principe finira bien par surgir au détour d'une prise de conscience inopinée. Tous les grands canons insistent sur une position centrale du moi, une fermeté dans l'ascèse, qui corres­pond à ce que vous appelez en Occident la foi. Sinon le mental se disperse et se perd. Quand cette fermeté est installée, le moi peut utiliser le mental avec une grande fluidité, le chemin peut sinuer, et il est enfin possible de vivre des questions sans répon­se sans que cela n'entrave le cheminement spirituel (Ne pas chercher le fruit des œuvres). Quand le moi est mis à nu, seule­ment alors, les processus de conscience s'organisent autrement.

Beaucoup d'êtres humains ont eu des expériences spiri­tuelles dans des circonstances bizarres où ils ont dû, soudain, abandonner tout leur monde et toute leur histoire. Des prises de conscience décisives s'effectuent dans les accidents graves, les maladies mortelles, en prison, pendant la guerre, qui forcent à un lâcher-prise que le moi, d'ordinaire, ne saurait générer. Certaines femmes ne peuvent pas se tourner vers le Tout, le Tao, avant d'avoir vécu un accomplissement sexuel véritable, où le pôle passif apprend à recevoir, ou avant que leur manque leur propre naissance, étape consécutive à l'accomplissement de la maternité. Puisque l'on est perdu dans l'ignorance, jusqu'à l'émergence décisive dans le Soi, ou encore plus rare­ment jusqu'à ce que l'âme s'empare du mental et de la person­nalité, il n'y a aucun avantage à cartographier son propre monde exploratoire. Si nous sommes dans l'illusion jusqu'au Soi, à quoi bon hiérarchiser les phases de cette illusion ? Ce qu'on prend souvent pour des progrès spirituels ne sont que des mesures sur un certain recul de l'ignorance. Rien de plus.

Ne croyez pas avoir accompli quoi que ce soit avant que le Soi ne fasse exploser votre pensée, ou que, votre âme vous connecte aux plans réellement supérieurs de l'Intelligence créa­trice. Si vous regardez plutôt du côté de ce que vous avez réali­sé que de celui qui reste à découvrir, puis à intégrer, vous ne franchirez jamais tous les cercles. Comme le disait Sakyamuni, il y a en l'homme une telle 'peur' fondamentale, que contourner cette peur devient souvent une philosophie. S'engager dans un chemin spirituel bien balisé, regorgeant de critères, de barèmes, de buts à atteindre, de pratiques, de garde-fous, de chicanes convenues, est souvent le moyen de déguiser la peur fondamentale par la mise en scène d'un cheminement qui diffère du chemin ordinaire par la forme, les lieux parcou­rus, mais non par le fond: le motif du voyage. La peur, on la fait taire, on l'enfouit, on la sublime croit-on, en s'autorisant à gagner un paradis spirituel méritoire au bout d'un parcours flé­ché d'avance, plus conforme à un emboîtement symbolique de fantasmes qu'à la traversée d'une île inconnue — là où l'émerveillement et la vigilance doivent s'épauler. Je rejette le voyage organisé autour des vérités éternelles. Si le Tao-tê-King a tra­versé vingt-cinq siècles c'est qu'il continue de vous parler.

Ce que vous avez senti, c'est qu'il y a plus de sûreté dans la disponibilité totale de l'intelligence et du coeur (la faiblesse, le féminin) que dans le parti-pris de savoir, de croire tout com­prendre, de juger. Voilà pourquoi, en plus de l'eau, mon modèle préféré, je vante le nourrisson et l'enfant — l'innocence, qui est pleine de bienveillance et de curiosité. Je dénonce la superbe de celui qui croit savoir, pouvoir, dans toutes les situations, qu'il ne juge que par rapport à ses préjugés et au cercle étroit de ses perceptions avides. L'exploration pure vaut bien l'art de la guerre. Puisque nous sommes déjà enfermés dans l'ego, le cercle familial, la résonance émotionnelle, la projection affecti­ve, la langue maternelle, la culture, l'époque, ce serait une grave erreur de penser que pour sortir de cet enfermement, un enfermement supérieur est indispensable. Cependant, c'est ce qui a cours le plus souvent chez les spiritualistes qui conservent un cadre mental auquel se référer. Ils se fabriquent sur mesure une carte du non-moi comprenant les territoires de Dieu mais ils ne vont pas assez loin dans le moi lui-même, présent, péren­ne, sous leurs déguisements de croyances et d'identifications. Je. préconisais d'aller loin, ce que j'appelle creuser dès le cha­pitre7 du Hua-Hu-Ching: Si l'on évite de discriminer le profane du sacré on se libère de l'esclavage du concept.

Le moi pérenne ne s'accroche plus à ses propres miroirs de chrétien, de taoïste, de juif, de musulman, de libre-penseur. Finalement j'attaque la religion parce que c'est elle qui impose le plus de cadres au chercheur, en tout cas les cadres les plus lourds, les plus massifs, les plus certifiés conformes, les plus rassurants pour la peur générique. Mais en amont des religions, la même erreur peut se perpétuer: fabriquer la carotte que notre inconscient nous met sous le nez, à nous pauvres ânes de la lumière; mais si peu lumineux que nous ignorons la lumière permanente qui nous entoure pour aller la traquer dans les lieux où elle n'est pas, en trottinant à sa poursuite — tandis que la carotte reste à la même distance, au pas, au trot, au galop. De la carotte du salut post-mortem, à la carotte de la libération du karma ou de la cessation des existences, c'est toujours la même carotte: quelque chose de gratifiant qui paie de la peine qu'on se donne à changer, un but parfait qui cache la perfection même de chaque moment

Je vois chez les chercheurs spirituels un attachement for­cené à posséder chacun la seule carte du trésor, dont ils discu­tent âprement l'authenticité entre eux (nul ne possédant la même), et qui se querellent avant de se mettre en marche. Je préconise exactement l'inverse. Avancer par sincérité pure, sans cadre pour légitimer la démarche, sans carotte pour entre­prendre. C'est-à-dire tout simplement que la doctrine n'est pas un faire-valoir, n'est pas un prétexte, n'est pas un tableau. Elle ne doit même pas constituer une béquille. Ce doit être quelque chose qui s'intègre parfaitement à la vie sans aucune mise en scène. Méditer parce que cela s'impose et non pas parce que c'est l'heure de le faire. Et ainsi de suite. Jusqu'au tao où l'on commence à sentir que le wou pénètre le yeou, qu'un potentiel illimité borde chaque événement, chaque minute, chaque activi­té, chaque pensée même. Si vous étudiez bien le Tao-tê-King, vous verrez qu'il ne comporte que deux réalités essentielles au point de départ de la voie conforme au principe. Le wou et le yeou. Normalement le yeou ne donne pas sur le wou, mais le non-agir est justement le procédé, le principe d'ordre, le tao qui permet à la manifestation si rapide, si pleine, de déboucher sur son principe, l'immuable et le vide. Ralentir l'esprit, ralentir le désir, ralentir l'appétit. Ralentir la volonté. Ralentir la volonté d'aboutir qui indique des fausses pistes. La vitesse n'est pas le meilleur moyen pour atteindre l'immobile.

Mon rôle est de vous permettre d'aller plus profond en vous-mêmes et non pas de dire mon opinion sur les systèmes religieux et spiritualistes. Je le fais par nécessité, et sans fiel malgré ma sévérité. Je sais que beaucoup de lecteurs penseront que ce livre est une attaque déguisée de choses spirituelles que je ne suis pas capable de reconnaître. Je dis à tous ces lecteurs-là qu'ils ont une si haute opinion d'eux-mêmes qu'il vaut mieux pour eux fermer ce livre et conserver leurs illusions que de continuer et être confrontés à leurs propres schémas réduc­teurs. Mon message permet au contraire d'accéder directement au Spirituel, puisque je le dénude de tout ce qui l'habille, le recouvre, et le déforme à la périphérie. Je vous apprends à ne plus vous faire berner par les noms, je vous enseigne à traverser vos représentations des choses essentielles, feux follets qui vous guident vers le Tao, mais qui doivent eux aussi disparaître sous peine de vous retenir dans des culs-de-sacs élevés.

Tous les chercheurs contemporains passent par les grands carrefours du christianisme, du bouddhisme, de l'hindouisme, du taoïsme, du judaïsme, de l'ésotérisme, de l'alchimie. Ces choses, quoiqu'elles vous apportent, ne sont pas votre interro­gation. Le langage mental est faussé. Je préfère la naïveté des ignorants et leur humilité, à l'autoritarisme des sages. Se perdre dans des miroirs renforce le laisser-aller stupide, celui qui cultive l'avidité et soulève donc des craintes de manquer. Jésus voyait les choses comme moi dans les grandes lignes.

Finis les miroirs à donner bonne conscience, les exégèses casuistes, les rites à tout bout de champ, les cérémonies et les louanges. Fini l'enfermement du vécu et du réel à l'intérieur d'une petite idéologie tyrannique qui condamne tout ce qui ne lui est pas conforme. Cessons de faire tous ensemble la même chose pour nous rassurer, et admettons à quel point l'autre est un étranger. Creusons ce mystère au lieu de nous admirer nous-mêmes quand notre esprit, comme une coquette, se regarde une fois de plus dans la glace d'un sûtra, d'un évangile, d'un verset saint — qui lui renvoie sa propre image maquillée. Aucune politique du moi ne peut obéir à quelques règles bien ficelées. Ce fantasme militaire empêche l'humanité de grandir depuis des milliers d'années.

C'est ce qui me rapproche le plus de Jésus, la condamna­tion du triomphalisme. Ceux qui savent, figurez-vous, ne savent rien. Comme des araignées, ils se déplacent habilement le long de leur toile, leur représentation géométrique du monde, mais ils sont incapables de se déplacer au-delà de cette toile qui provient de leur propre chair. Ils y piègent le réel et ne peuvent pas admettre que leur minuscule œuvre de soie ne soit qu'un petit filet dans l'univers. Ils ramènent le monde entier au qua­drillage de leurs propres représentations. Ils n'admettront jamais qu'il puisse exister une autre nourriture que celle qui se piège dans leurs mailles. Il vaut mieux pour ces araignées réduire le monde à leur propre toile. Si elles percevaient l'éten­due, elles fileraient une seule toile sans jamais s'arrêter et mourraient vite épuisées.

La prise de conscience intégrale impose une remise en question intégrale. On n'aborde pas l'étendue sans limites avec les mesures qui servent aux petits objets. Le grand Tao n'est pas un petit tao augmenté, et le soi que j'évoque n'est pas le contraire du plein, le vide physique. C'est autre chose que l'expérience révèle et je m'insurge contre ceux qui par une simple pirouette se débarrassent de l'Orient en prétendant que ses voies visent le vide. C'est plus un symbole qu'autre chose, cette appellation. Le spirituel ne peut pas prolonger le profane, car ce que le profane appelle spirituel est profane, et ce que le spirituel appelle' profane est encore du spirituel. Vous compren­drez mieux à la seconde lecture. Si vous devenez l'explorateur, vous rappelez aux faux chercheurs qu'ils font semblant de cher­cher le passage. C'est fou alors ce que vous récoltez comme injures quand vous trouvez le chemin que tout le monde feint de vouloir emprunter... tant qu'il ne s'ouvre pas devant eux.

Impliquez-vous dans vos souffrances et vos joies, dans les réactions de votre inconscient et dans vos aspirations supra-conscientes. Acceptez tout cela ou apprêtez-vous à tricher.

Tout savoir est un savoir-faire, y compris chez les maîtres spirituels. Qu'ils transmettent tous ce qu'ils ont vraiment inté­gré, et qu'ils cessent de critiquer le voisin. Les doctrines ont toutes le même but. Elles ne se suivent pas, elles se pratiquent. Mais comme on ne peut pas se trouver sur deux routes simulta­nément, on ne peut pas emprunter à la fois le christianisme et le bouddhisme et le taoïsme pour aller au même endroit. Si cela vous pose un problème de choisir, c'est excellent. Le manque se fortifie, l'appétit se fait plus profond, la nourriture sera meilleure: vous pourrez attendre plus longtemps au lieu de vous jeter sur n'importe quoi sous prétexte d'avoir un petit creux à l'estomac. Mieux vaut hésiter, comparer, tourner en rond, que se lancer au petit bonheur la chance dans une voie d'où il sera difficile de faire machine arrière, et à laquelle vous accrocherez votre besoin de sécurité inconscient, votre demande d'approba­tion, votre acharnement à réussir. A une bifurcation, d'où que vous soyez parti, vous verrez bien que vous aurez dépassé l'éti­quette du point de départ, et que les chemins commencent à converger. Bouddha n'est pas bouddhiste, Lao-Tseu n'est pas taoïste, Jésus n'est pas chrétien. Dieu n'est pas croyant.

Cherchez vos propres instruments de mesure. Appliquez-les à vous-mêmes et ne vous imaginez pas que votre collection de considérations sur l'univers soient bien utiles. Lui n'a pas

besoin de vous, vous avez besoin de lui. Ne renversez pas les rôles, croissez dans le sentiment d'être petit et fragile, à rebours du conditionnement que vous avez reçu. Peu de choses doivent demeurer pérennes, balayez devant votre porte. Mais celles qui le peuvent sont vraiment sûres. Un point de repère de temps en temps, ce n'est pas cela qui égare dans le convenu, le répétitif, le toujours la même chose. Conserver des- choses inutiles péna­lise le voyage, et le schéma préconçu de la voie, de la vérité, du futur statut d'initié, sont des poids si lourds qu'il vous faudra cinq ou six porteurs pour partir dans la montagne avec. Si vous saviez combien il est pénible d'avoir des bagages quand on fait beaucoup de route, vous comprendriez que se déplacer avec le strict nécessaire est vraiment le grand art, et que cela aussi s'apprend sur le terrain et non dans les livres. L'encombrement de l'esprit maintient les ornières des mauvaises habitudes du souffle, et en aval du corps. Une représentation fausse du che­minement spirituel, c'est cela le problème et voilà pourquoi j'insiste, n'apparaît jamais sur le plan intellectuel de celui qui en dépend: il sait la rendre homogène par les artifices de l'argumentation. Quant aux représentations exactes... elles ne peuvent s'établir qu'une fois le moi parvenu à destination.

Sachez vous passer de points de repère superflus, qui vous consolent aux carrefours du labyrinthe. Sachez avancer à l'aveuglette par amour du chemin, voyez dans les précisions sophistiquées les consolations de l'esprit qui se rassure en lisant la carte du territoire qu'il hésite à franchir. Sachez que les faux prophètes quadrillent l'inconnu de mots trompeurs pour vous appâter; et que les plus grands vont bientôt arriver. Pour corriger la voie, ayez l'honnêteté de reconnaître le peu de transfor­mation sur le plan du souffle et des habitudes du corps en dépit de vos tableaux divins, de vos théories parfaites, de votre savoir initiatique. Faites épouser les creux et les bosses du ressenti à vos principes.

Les grandes compulsions du souffle sont énumérées depuis des millénaires comme des obstacles dans la voie spiri­tuelle, des instances naturelles à transformer. Toutes les formes d'avidité, de violence agressive (la violence réactive ayant un autre statut), de colère, tous les mouvements de complaisance émotionnelle cultivée, sensiblerie, dépréciation ou laudation de soi-même, complexe d'abandon ou demande d'approbation, toutes les formes d'appropriation subjective du moment dans le sens d'une préservation rigide de ses propres structures appar­tiennent à l'être du souffle à transformer. Les compulsions yin vous poussent à vous sentir écrasées par le non-moi, l'autre ou par vous-mêmes; les compulsions yang vous obligent à des stratégies de dominance sur le non-moi, l'autre ou encore sur

vous -mêmes.





*8*

Les principes de la voie intégrale.

(où je reprends les éléments de ma doctrine).


Une faible connaissance suffit
à marcher vers le grand Principe
et tant pis
pour la crainte de s'en éloigner:
La voie conforme est large
puisqu'elle unifie tout...
pourquoi lui préférer

le tortueux chemin!


Tao-tê-King chapitre 53


Beaucoup de personnes commencent à résister à ce que je suis en train de dire. C'est qu'elles n'ont pas le même arrière-plan que moi sur l'histoire spirituelle du monde. Le tableau qu'elles s'en font est forcement constellé de leurs propres attentes et de leurs propres manques. En ce qui me concerne, je me trouve dans une position assez analogue à celle de Jésus: je vois avec une grande netteté ce qu'il faut faire pour changer la Terre et améliorer les choses. Jésus, Bouddha, moi-même, quelques autres, nous avons bricolé des serrures pour ouvrir le ciel. Mais personne ou presque n'a envie d'y essayer sa clé, ou de la peaufiner jusqu'à ce qu'elle marche. Nous avons ouvert l'espace, franchi les barrières, aboli les frontières entre le non‑ manifesté et la manifestation. Nous avons certifié que la mani­festation ne pouvait pas changer par elle-même. A l'intérieur d'elle-même, elle peut tout au plus modifier ses formes et varier un tas de choses, mais elle n'a pas les moyens de changer ses propres principes. Voilà pourquoi aucun de nous trois n'a créé de politique. Nous savions d'avance que toutes les formes de politique qui seraient expérimentées finiraient par lester les structures sociales de la même manière, exploitation au bas de l'échelle, passe-droits et privilèges en haut. Vous pouvez socia­liser la nature humaine dans tous les sens, l'homme sera tou­jours au centre des relations.

Jésus, Bouddha et moi voulions une transformation psycho­logique qui entraînerait une modification naturelle des rapports humains. Je souhaitais que des empereurs pussent pratiquer le non-agir au, lieu de se saouler de leurs prérogatives personnelles et d'abuser de leur liberté et de leur initiative toute-puissante. Le maître de Justice agissait pour une révolution du coeur. Bouddha pour une révolution de l'esprit. Il voulait libérer l'homme de la souffrance, mal endémique qui s'enracine dans la perception même que l'espèce se fait des choses, quelle que soit la société. La mauvaise organisation sociale n'est que la projection d'une mentalité mauvaise, qu'aucun règlement ne redressera.

Nous trouverons la bonne clé quand toutes les autres auront échoué. Nous sommes poussés à la perfection, puisque avant de la découvrir, nous essayons toutes les combines, toutes les ruses, toutes les tactiques qui permettent de nous donner le change sans vraiment changer de principe. On touche à la forme et aux structures, c'est-à-dire à l'ordonnance des élé­ments entre eux, mais on ne touche jamais à l'essentiel. Seuls, les instructeurs essaient de changer les principes eux-mêmes, seuls ils essaient de changer les motivations de l'humanité. C'est presque un échec. Ils transforment les valeurs hiérar­chiques à partir du haut. L'autorité du Père pour le christianis­me, l'autorité floue et passive du Tao pour moi, l'autorité du détachement, fruit de la distanciation bouddhique, n'ont pas remplacé dans nos cultures respectives — occidentale, chinoi­se, asiatique — les formes du pouvoir humain. L'égoïsme indi­viduel partagé par tous amène le règne de l'Antéchrist: l'argent pour l'argent, philosophie qui possède elle aussi sans doute, ses avatars. Le plan de la manifestation est aujourd'hui entièrement corrompu. Chacun doit donc pouvoir aller puiser dans le non-manifesté la force qui lui permettra de survivre dans cette époque trouble. Le soi continue d'être loin de la perception ordinaire, mais c'est justement cette distance qui garantit qu'il soit incorruptible.

Allez-y sans tambour ni trompette. Le silence intégral, la chute de la pensée, continue d'être la réalisation la plus homo­gène, qui équilibre le mieux toutes les personnalités. Sous des jargons divers cette réalisation est prônée dans des séries entières d'enseignement traditionnel, toutes origines confon­dues. La libération du mental donne de la puissance aux faibles et aux effacés, fournit calme et sérénité aux forts et aux actifs. Toutes les réalisations dynamiques, qui mettent en présence des grands filons de l'Intelligence de la création sont intéressantes puisque elles permettent de changer profondément la représen­tation du monde et surtout la manière de s'y relier d'une façon beaucoup plus créative. Mais les inspirations dynamiques ouvrent démesurément le chakra du coeur et celui de la gorge, aussi faut-il la stabilité du soi pour intégrer les courants créa­teurs. Sinon, on trouble le Tao en voulant le révéler tandis que l'énergie du souffle brûle avec trop d'intensité. Et qui plus est, on surestime largement ce que l'on a découvert.

Expérimentez qu'il y a bien trois composantes essentielles en vous,

le mental qui centralise toutes les perceptions et vous donne le sentiment de votre identité globale;

le souffle (ou vital) qui gère la plupart des processus énergétiques, désirs, peurs, émotions;

le corps, dont les véritables besoins sont exagérés par le souffle, et qui sont moins prépondérants quand le mental contrôle le souffle. Chaque personne est soumise à une réparti­tion différente des puissances de ces trois fondations de la conscience individuelle.

La voie intégrale enseigne la reconnaissance de ces trois fondations, puis la transformation de chacune d'entre elles en fonction de leur rôle respectif et de leur rôle par rapport aux deux autres.

On fait souvent l'erreur de développer davantage ce qui est déjà prépondérant, car c'est là où c'est le plus facile de se développer. Mais figurez-vous qu'il existe des ponts entre ces trois puissances, et ces ponts ne dépendent pas de nous, mais de l'organisation de la nature. Vous pouvez très bien croire que vous vous développez énormément, par exemple si vous considérez vos progrès dans la conception de la réalité. Cela ne veut pas dire que le souffle et le corps suivent. Voilà pourquoi toutes les vraies avancées spirituelles, qu'elles partent du mental, du souffle, voire du corps, rendent plus consciente la puissance en question avant que les deux autres parties ne profitent de l'amé­lioration obtenue. Aussi faut-il des témoignages comme les maladies, ou les conflits relationnels, ou encore les crises de conscience, pour permettre un réajustement des puissances en question. Il n'y a pas de hasard dans la maladie, c'est l'appel d'un rétablissement énergétique à effectuer. Les trois fonda­tions sont homogènes. Si vous touchez à l'une, il faudra apprendre à toucher aux autres pour engendrer un mouvement d'ensemble cohérent. Il est dangereux de pousser en avant une des trois puissances sans faire suivre les autres.

Ne vous acharnez pas dans une seule direction.

A) Une haute vision mentale sans une domestication du souffle et un soin au corps produit toujours le même genre de personnes — celles qui croient avoir tout compris, mais qui n'ont pas encore commencé le véritable travail vers le détache­ment, avec la purification émotionnelle qui ouvre les portes des intuitions supérieures. Ces personnes veulent souvent propager avec zèle leur vision et n'ont aucun respect pour ceux qui sont vraiment engagés, avec humilité, dans la mystique ou la sages­se. Elles ont un arsenal de principes pour diaboliser tout ce qui ne leur est pas identique. Elles ne supportent pas ce qui leur est supérieur et refusent de le voir, par toutes sortes d'artifices qui leur permettent de briller à leurs propres yeux.

B) Beaucoup d'adeptes trop concentrés sur le souffle s'abrutissent de pratiques, s'enivrent des pouvoirs de leur vita­lité et des choses qu'elles peuvent accomplir, mais perdent de vue que le discernement (passif) est une fonction du mental sans laquelle les meilleures opérations sur le souffle ne mènent guère loin. Un excès quelque part compense une lacune autre part, c'est cela le monde de l'ignorance. Je dénonçais déjà dans le Hua-Hu-Ching la pratique exclusive, forcée, mécanique, uti­litariste, qui cherche à faire cesser l'activité de l'esprit, par exemple par l'assise immobile considérée comme panacée. Cette supercherie est encore à la mode.

C) Trop se préoccuper du corps finit par valoriser l'uni­vers sensible, le yeou, et sans une parfaite inspiration du wou, l'excès d'attention au corps fabrique des personnalités factices, triomphalement convaincues de leur voie.

La révélation du non-manifesté est quelque chose que l'univers procure à l'être vraiment désireux de se donner à lui. Cette illumination possède un caractère imprescriptible qui donne à l'individu un nouveau statut. Que l'être cherche à mon­ter vers le soi, je n'en disconviens pas, mais il faut le faire cor­rectement sinon le soi ne descend pas jusqu'à l'humain. Les pratiques sont des processus. Les mots qu'on pose dessus les figent et les font voir en trompe-l'œil. Il y a des centaines de formes de méditation, certaines purement mentales, d'autres qui s'accompagnent d'une respiration particulière, d'autres qui demandent la participation du corps. Rien n'est à rejeter, toutes les expériences sont bonnes, rien n'est à valoriser outre mesure. Si vous le faites, voyez que vous cherchez un système: qu'est-ce qui vous rassure dans un système ? Les lignes droites, les stratégies globales d'évitements et de recommandations, l'iden­tité tribale, le fait de vous sentir appartenir à un groupe qui vous ressemble ? Les mises en scène que vous pouvez partager ? Cherchez bien. Je ne sache aucun grand maître qui ait suivi un système. Si vous trouvez un maître, lui-même ne vous imposera aucun système. Les choses ont beaucoup changé. L'univers passe aujourd'hui dans une phase de différenciation extrême. Le travail a été préparé pendant l'âge de fer. Aujourd'hui, tout est différent et tout reste identique. Il faut incarner les mêmes principes pour mener une vie vraiment » spirituelle, mais les formes sont laissées à la disposition de chacun.

Quant à ceux qui travaillent beaucoup le physique, je m'y arrête, car cette mode revient à la charge tant les voies intellec­tualisées ont fini par épuiser le crédit de rêves de l'espèce. Un jour les voilà bloqués, les adeptes du corps, avec des problèmes d'identité, sans compter des pathologies sournoises qui vien­nent attester que le travail n'a pas été fait dans l'étage médian du souffle ou dans l'étage supérieur du mental. La chose arrive fréquemment aux champions du Hatha-Yoga qui ne sont plus personne sans leurs exercices et leurs références, et leur propre auto-satisfaction. Voilà pourquoi je souligne qu'il est nécessaire de différencier une fois pour toutes le qualitatif du quantitatif. Pour beaucoup de choses essentielles, leur quantité est vite excessive, c'est d'ailleurs pourquoi elles sont essentielles. L'idée humaine de la perfection est une caricature. L'accroisse­ment de conscience provoque des comportements spirituels, tandis que l'inverse est faux. Faire des actes justes sans une conscience juste, cette formule est celle que les avatars combat­tent. Viser une conscience juste, voilà l'essentiel. Les actes, même maladroits au début, s'aligneront sur une conscience juste, tandis que la conscience peut résister à des attitudes exemplaires. Pourvu que votre conscience s'accroisse, vous êtes dans le bon chemin.

La conscience s'accroît autant par la souffrance que par la joie, par les satisfactions méritées que par les imprévus indésirables, et qui semblent parfois injustifiés. Il y a peu de champs à investir, et si vous ajoutez au mental, au souffle et au corps, l'être subliminal que j'évoquerai bientôt, vous aurez tous les éléments pour mener une ascèse.

Observez l'identification émotionnelle, affective, intellec­tuelle, et pratiquez la désidentification correspondante. Comprendre l'infini du non-moi et tout ce qu'il y a d'indéter­miné dans le moi (la lutte des subpersonnalités et l'essor des potentiels) est un seuil irréversible. C'est plus utile que n'importe quel type de références aux grandes lumières inac­cessibles, références qui autorisent l'esprit à convoiter la vérité. Avoir un système de valeurs pour juger avant de comprendre, classer avant de voir et d'observer, ranger au lieu de prendre acte, est une chose superficielle, abondamment préconisée par toutes les religions. Voilà le danger du dogme, le cheminement balisé et fléché qui se tiendra à l'écart des horizons mystérieux des profondeurs du moi et des énigmes du non-manifesté. Une carte du réel falsifiée, bourrée de blancs, d'interdits, d'injonc­tions, de chicanes convenues et d'issues embellies. Tout systè­me structure le mental, inféode la perception du réel à des antagonismes. Tout système enivre le souffle d'exaltations émotionnelles quand le vécu est conforme à ce qui est attendu et préconçu tandis que les crises sont difficilement acceptées.

Le détachement est la distance naturelle prise vis-à-vis des satisfactions et de leur attente, tandis que le lâcher-prise est la distance naturelle vis-à-vis des difficultés, des épreuves, et de leurs menaces.

Toute religion surestime ce qui fait sa force et sous-estime ce qui fait sa faiblesse. Chaque individu peut creuser plus loin, derrière les étiquettes, le jour où le Tao lui dit, comme dans la Gîtâ: "Prends refuge en Moi seul." Devenir conscient est un processus d'ensemble qui ne réclame pas que vous vous fassiez une image quelconque du Divin, une représentation de sa volonté, ni même un tableau des mérites et des faiblesses humaines. Dieu n'est pas un épicier, nous ne lui devons rien, nous n'avons pas d'ardoise dans sa boutique. Déconditionnez-vous des traces profondes de la religion qui veut que Dieu S'intéresse à nous, tranchez dans l'infantilisme que nous héri­tons depuis la nuit des temps de génération en génération. La vie nous est donnée, nous ne l'avons pas inventée. Elle doit être infiniment respectée parce qu'elle ne dépend pas de nous, et que son équilibre est extrêmement fragile. Devenir conscient n'exige nullement que vous reconnaissiez certains êtres comme supérieurs à vous, que vous pensiez que Jésus est le fils de Dieu ou un simple prophète. Vous pouvez douter que je sois bien Lao-Tseu et profiter néanmoins de mes paroles, si elles vous touchent, comme si elles avaient été prononcées par n'importe qui.

Devenez conscient. C'est un processus simple de confron­tation de votre moi au monde, sans préjuger d'aucune planche de salut pour finaliser cette rencontre permanente. Cette nou­velle confrontation de votre moi au monde plus large, plus pro­fond, plus récalcitrant que ce que vous imaginiez va engendrer une nouvelle relation de votre moi à vous-mêmes: vos incapaci­tés vont être dorénavant soulignées parce que vous avez pris la mesure des nombreuses contingences qui délimitent votre place réelle dans le Tout. La voie intégrale est un circuit du moi au moi par le non-moi. Les systèmes qui prennent le raccourci de la remise en question du moi par le moi, sans tenir compte de l'imprescriptible non-moi qui arbitre, fabriquent des individus perdus dans leurs propres représentations, et qui sous-estiment gravement le rôle de la perception extérieure. N'éliminez l'extérieur sous aucun prétexte. C'est là une voie qui tente les idéalistes, les spéculatifs, les laissés pour compte. Se distancier ne veut pas dire annuler. C'est là la dérive normale du boud­dhisme qui caricature dans le sens naturel la vision de Gautama, vite manichéenne au détriment de la vie, si elle n'est pas profondément comprise. Supprimer le non-moi du circuit entre le moi et lui-même a donné les plus grandes hérésies de l’Histoire en glorifiant le pouvoir mental tout en éliminant la racine du problème: l'incarnation physique. C'est le meilleur moyen de s'enfoncer dans une illusion personnelle qu'on pren­dra pour de la vérité de première qualité. Nombre d'hindous se sont perdus dans cette voie, qui se croient réalisés alors qu'ils ont simplement annulé l'extérieur. La voie intégrale ne fuit rien par principe.

Le progrès commence par une régression. "Obscurcir l'obscurité, voilà la porte de la subtile origine" disais-je dans le Tao-tê-King, en conclusion du premier chapitre que je n'ai cessé de commenter depuis le début de ce livre, avec le wou et le yeou. Méditez bien cela. Sans l'aveu, parfois douloureux, de sa propre impuissance, aucune naissance spirituelle n'est pos­sible. Voilà pourquoi les canons bouddhistes et hindous fondent l'ignorance comme le statut générique dont chacun doit S'affranchir. Si l'on refuse de couper les cheveux en quatre, l'on admet que le péché revient au même. L'espèce humaine est obscure et les génocides l'attestent. Acceptez votre ignorance, votre impuissance, votre vulnérabilité, votre sottise. Lavez les grands mots que vous manipulez à tort et à travers, et derrière lesquels vous vous cachez pour ne pas prendre acte de votre obscurité présente. Jetez à la poubelle vos consolations, les jouets de l'esprit qui ne veut pas grandir. Laissez tomber les masques, les rôles, les personnages, la ménagerie qui ment à tout-bout-de champ pour vous donner le change avec un je qui a réponse à tout. Quand vous serez nu, vous comprendrez Jésus. Pas avant. Comprenez que votre savoir intellectuel ne fait pas de vous une femme ou un homme meilleur.

Relisez bien l'exergue de ce chapitre. Si vous avez l'impression de vous éloigner de la voie, c'est encore que vous opposez trop d'itinéraires entre eux, que vous cultivez des incompatibilités, que vous cherchez à comparer les portes d'entrée du royaume pour éviter d'en pousser aucune. La voie se trouve dans tous les contextes. Votre mental peut accepter plus de choses. Infiniment plus. Les ruses de l'esprit vous guet­tent. Changer de décor pour préserver des archaïsmes intérieurs. Changer de pathologie, petite ou grande, mentale ou physique, pour conserver le même cadre révolu. Les modifica­tions de votre vie n'ont pas à s'appuyer sur une substitution de préférences, ni sur une suite d'évitements privilégiés, mais sim­plement sur la croissance du sentiment même d'appartenir au Tout.

C'est cela qui vous permettra de prendre de véritables décisions. Les fuites déchirent davantage le réel. Je me moque de Bouddha qui voulait, paraît-il, la dissolution complète de son moi et de son âme à sa mort, mais croyez-moi, c'est vrai­ment un modèle d'honnêteté intellectuelle. Il a rejeté tous les déguisements que le mental (ordinaire ou dévot) plaque sur le réel. Shakyamuni a été le premier grand mystique à voir dans la croyance religieuse le moyen de s'enivrer d'espoirs — telles des illusions d'un ordre supérieur destinées à combattre des illusions d'un ordre inférieur. Et relisez bien la Bible. Jésus dénonce ces hommes ivres d'eux-mêmes, qui ne peuvent par conséquent trouver le passage vers le Vivant, le Logos. Ils sont obstrués par la culture des satisfactions que la vie leur procure, et ils font l'amalgame constant entre le moi et le non-moi. Ils croient être les choses auxquelles ils s'identifient et se défen­dent tout autant d'être les choses auxquelles ils ne s'identifient pas — par répugnance convenue, héritée ou instinctive. Ils se prennent pour des hommes concernés par le mystère de Dieu et trouvent dans ce mensonge leur propre glorification. Ils sont fiers d'être ce qu'ils sont, remplis de préjugés de castes, sûrs de leur morale, ils jouissent quand ils condamnent, jubilent de se retrouver entre eux, telle une meute, et ne se sentent pas concernés par qui ne leur ressemble point. Le monde n'est que le reflet de leur propre moi. Jésus ne pouvait représenter aucune secte juive. Les esséniens se jugeaient supérieurs et s'achar­naient à la perfection rituelle. Leur mental étroit diabolisait à tour de bras. Les zélotes, avec quelques autres sectes ésoté­riques, étaient complètement rongés par leurs cosmogénèses, et croyaient dur comme fer que le récit des origines devait jouer un rôle important dans la philosophie et la recherche de 'Dieu'. Et personne n'était d'accord. De mauvais dieux auraient créé l'homme, mais avec ou sans ( ?) l'accord du Dieu suprême, d'où le problème du Messie, seul prophète du vrai Dieu, et cetera, et cetera. De dédale en labyrinthe et réciproquement. Toutes ces cosmogénèses compliquées ne changent rien au pro­blème de l'identité spirituelle. La lutte des anges ou des "archanges" entre eux ne nous concerne pas. Que nous soyons issus de l'évolution biologique, ou que des êtres astraux, ou même physiques! — aient donné un coup de pouce, ou encore que cette création humaine se soit relativement "mal passée", ce qui est la thèse des sectes gnostiques, cela ne change rien au problème de ce que nous sommes maintenant, de notre intégra­tion dans le Tout. Reconnaissons notre ignorance, notre obscu­rité. Nous finirons bien par lui trouver des limites, nous finirons bien par lui trouver des failles.

Beaucoup de gens inventent un Dieu à leur mesure qu'ils veulent à tout prix greffer sur l'intelligence suprême pour mélanger les deux et obtenir leur dessert métaphysique qui s'emboîte aux angles morts de leur perception. C'est l'art de boucher les trous avec des perspectives en trompe-l'œil. Attention! Maquiller l'ignorance avec des images phosphores­centes, voilà l'onanisme de l'esprit. Ne cultivez rien, mais cher­chez l'équilibre entre les trois puissances. Mon enseignement sur l'Indistinction est clair. Si vous voyez tout à partir du même œil, sans louer ce qui vous agrée et condamner ce qui vous répugne, votre mental se libère des oppositions. Il médite au, lieu de ruminer, ce qui est une avancée aussi considérable que de passer de l'invertébré au vertébré, bien que ce changement, dans la morphologie subtile de l'être demeure invisible.

Acceptez que tout existe, que cela vous plaise ou non. Cela rejoint le bouddhisme et le christianisme. Il faut recon­naître les autres pour les aimer, que je sache. Les attractions et les répulsions nous rattachent à la peur et au désir (causes de la Souffrance) qu'il faut dépasser dans le bouddhisme, tandis que, le taoïsme, en préconisant le détachement vis-à-vis du positif et le lâcher-prise vis-à-vis du négatif vous oblige à établir moins de contraste entre le gratifiant et l'indésirable. Vous faites d'une pierre trois coups. Vous voilà sans coup férir, chrétien, bouddhiste et taoïste en même temps, avec le miracle d'une seule chose: voir au lieu de penser ce qui est vu en fonction d'un arrière-plan déjà tout convenu. Quand Jésus dit qu'il faut aimer ses ennemis, d'une manière indirecte il dénonce les attractions faciles et les répulsions cultivées, qui forment la cohésion des clans et la haine des clans voisins. Voir que chaque être est comme nous-mêmes confronté au mystère de l'existence, partager ce mystère s'impose. Cette ouverture du coeur commence par ce que j'appelle "vider les cœurs". Supprimer les attachements superficiels aux biens de ce monde, aux préférences relatives à certaines personnes tandis que d'autres sont a priori jugées ou condamnées. Vous trouverez là même chose avec Jésus: "Qui sont mes frères et mes sœurs ?", et la même chose avec Bouddha: dépassez les attractions et répulsions si vous voulez éradiquer la souffrance.

Aussi devez-vous savoir maintenant si comme moi vous cherchez "la subtile essence de l'univers", terme que j'utilise dans le Hua-Hu-Ching, ou si vous cherchez seulement à orien­ter votre vie, ce qui peut se faire dans n'importe quelle direc­tion avec le même bonheur si vous cristallisez sur cette orienta­tion, quelle qu'elle soit, la certitude qu'elle vous mène là où vous voulez aller. L'auto- suggestion fonctionne, ne l'oubliez pas. L'inquisiteur torturait pour l'amour de Dieu. L'esprit, tant qu'il n'accède pas au Soi, est pétri de la substance même de l'imaginaire. Aussi faut-il en revenir à l'évidence. Quand vous avez affaire à un être humain, voyez l'homme. Son masque de chrétien, de bouddhiste, d'athée, d'agnostique, l'embellit croit-il. Ne polémiquez pas sur la foi, la représentation de Dieu, le sens de l'univers. Comprenez que vous avez peut-être la chan­ce, vous-mêmes, de dépasser toute identification superficielle, toute projection, et acceptez les sarcasmes de ceux qui, loin derrière vous, se croient devant. L'Evolution exige de vous une vision globale , voyez Jésus sur son territoire qui n'est pas toute la Terre, voyez Bouddha plonger dans le grand samadhi et inonder l'Asie de vide, voyez Lao-Tseu écrire son rébus du Tao-tê-King perdu dans l' Indifférencié sans plus savoir qui il est. Voyez Krishna, l'amant de Dieu, préfigurer Jésus, et voyez Zoroastre donner sa sagesse incomprise. Voyez Pythagore enseigner les nombres et donner naissance au Grand Architecte, puis Héraclite le dépasser en brûlant d'un feu pur consumant toute parole divine. Souvenez-vous d'Empédocle, de Parménide, de Plotin. Voyez les milliers de sages bouddhistes consacrés à la connaissance, écoutez le silence des tibétains. Entendez bruire les prières des saints chrétiens et les chants des soufis, écoutez les taoïstes murmurer près des ruisseaux. Souvenez-vous de ces juifs humbles s'affligeant devant Dieu de leurs faiblesses, n'ignorez plus ces générations d'hindous aban­donnant le mental pour se plonger dans l'inconnu de la percep­tion — simples mendiants cosmiques errant des plaines chaudes aux montagnes glacées, vers la fin de leur vie sociale accomplie. Comprenez l'innombrable mouvement de la créatu­re terrestre vers le Tao. Captez cette sincérité, et abandonnez les rivalités, les dogmes, les mesures des dieux, les évaluations des prophètes. Jetez à la poubelle les mesures quantitatives de la vérité, car la vérité ne se pèse pas à son poids ni ne se mesure au mètre du tailleur.

N'arpentez pas l'infini, ne pesez pas les paroles de vérité au gré de votre fantaisie ou à l'étalon de vos préférences per­sonnelles. Laissez faire le Tao. Il a tout commencé, ici même, il y a quinze milliards d'années, et ce sursaut de lucidité spirituel­le que vous vous attribuez en ce moment vient de Lui. Il cherche à Se réveiller dans votre moi. Voyez les chemins qui se croisent, partant de partout, montant vers les cimes, orientant vers l'Ineffable. Comprenez que Bouddha et Jésus et moi-même voulions libérer l'homme de la religion. Si nos enseigne­ments avaient été pratiqués, les temples et les sacrements seraient devenus inutiles. Quand la semence pousse, la coque éclate et se dissout. La graine stérile conserve plus longtemps son écorce. Chaque moment est l'âme du Tout. Creusez sans vous prévaloir de vos motivations. Ne vous arrêtez pas aux étapes où les fruits vous rattrapent, tels des récompenses, et où la vérité semble vous appartenir. Vous feriez l'erreur de Confucius. Il m'a volé ma doctrine pour la tordre vers le bas. Le chapitre 38 de la méthode de l'action conforme au Principe stipule bien que le comportement essentiel ignore la vertu. La vertu, la morale apparaissent une fois perdu le sentiment natu­rel de la bienveillance qui respecte les choses, les êtres, la natu­re. La liturgie est l'érotisme de l'esprit, le rite la luxure de l'intelligence. Cherchez la voie par une simplicité extrême et avec une attention spontanée.

Vous n'êtes pas un noir, un blanc ou un jaune, vous n'êtes pas un juif ou un chrétien. Vous êtes un moi conjugué et vous pouvez apprendre la véritable syntaxe. Apprenez la grammaire en vous-mêmes. Tout simplement. Le mental conjugue. Le souffle conjugue, le corps conjugue. Ce ne sont pas forcément les mêmes verbes. Observez les verbes que vous vous complai­sez à conjuguer à la première personne, identifiez ceux qui manquent toujours pour vous permettre de vous exprimer. Remontez à la conscience qui n'est pas vous à travers vous.

Quant à moi, je poursuis ma mission. Je dénonçais déjà les religions comme n'étant pas les solutions ultimes, il y a plus de deux mille ans. Je récidive. Je suis incorrigible. Mais aujourd'hui, j'ai des preuves.





*14*

La troisième naissance.

(Où je récapitule et conclus en affirmant
que la religion ne s'adresse qu'aux groupes
et que la spiritualité
ne s'adresse qu'à l'individu.
Évocation de la troisième naissance.)


Abandonne l'itinéraire

conforme au Principe
tu te retranches
sur l'humanité
Abandonne l'humanité
tu te retranches sur la justice
abandonne la justice
il ne reste
que la coutume de la bienséance
Authentique et loyale en apparence
elle ensemence les confusions
-là s'origine la sottise‑
dans le calcul et l'étiquette
simples détails
comme fleurs sur le chemin

L'homme vraiment adulte mise
sur le fruit non sur la fleur
il traverse la forme pour saisir le fond


Tao-tê-King chapitre 38


Si votre mémoire vous préoccupe trop, il y a de fortes chances pour que l' avenir préconçu vous force aussi à vivre un présent alambiqué. On ne peut pas calculer ce qui se passe dans le présent, tandis qu'on s'invente des avenirs sur mesure et qu'on triche avec le passé. Vivre auprès d'un maître a toujours servi à en revenir à ce qui se passe dans le moment même, et qui peut être facilement voilé par le mental capable de s'abs­traire de la situation. Si vous voulez pouvoir vous passer de maître, vous devez être capable de faire son propre travail, le travail qu'il ferait auprès de vous. Le mental passe son temps à prétendre que les choses pourraient être autrement. Cela lui tient lieu de critique des sensations et des pulsions, des réac­tions et des désirs. Le mental joue à être autonome et à sur­plomber tout le reste. Ou bien il s'amuse à tyranniser le corps et le souffle.

Nous cherchons le meilleur emboîtement dans la voie intégrale, et non pas à légitimer l'autorité absolue du mental, ou bien du souffle — ou du corps. Pour le moment ces distinctions ne vous parlent pas outre mesure, mais si vous les assimilez vous verrez que j'ai bien raison. Vous rencontrerez un tas de personnes qui plafonnent pour avoir développé outre mesure le mental, développé outre mesure le souffle, ou laissé au corps trop d'importance. Vous-mêmes, vous comprendrez que vous avez tendance à compenser vos faiblesses en utilisant toujours les mêmes modes d'équilibre. Des personnes déjà très intellec­tuelles finissent toujours par couper les cheveux en quatre pour tâcher, sans succès naturellement, de résoudre leurs problèmes. Elles font béatement toujours de la même chose. Elles feraient mieux de prendre une vraie décision et cesser de ruminer, mais l'ornière s'est installée. D'autres qui sont passées maîtres dans l'art de s'activer, de faire trente-six choses à la fois, de courir à droite à gauche, continuent de vouloir résoudre leurs nouveaux problèmes en changeant seulement l'objet de leur fuite avec une nouvelle initiative, qui noie le poisson. Elles font toujours de la même chose béatement. C'est clair qu'elles devraient commencer par s'asseoir, et ralentir le souffle, et se dire hum­blement: bon, je ne sais pas méditer, je ne sais pas discerner, je ne sais pas me calmer. Mais elles préfèrent remuer ciel et Terre et finissent par perdre de vue ce qui est profond — dans la mise en scène perpétuelle. D'autres enfin ne misent que sur ce qui arrive à leur corps et passent maîtres en contorsions, cham­pionnes en ceci ou cela, et si elles rencontrent un nouveau pro­blème, au lieu de laisser tomber leur acharnement sur le phy­sique, elles vont au contraire s'enfermer dans une pratique encore plus ardue, redoubler de postures, de méditations ou de prières. Tout ce gaspillage montre qu'on ne touche pas n'importe comment à l'ordre naturel des choses, le tô. L'initia­tive personnelle, en matière de développement spirituel, est une politique qui réclame un doigté relativement rare, voilà pour­quoi il est utile de fonder quelques points de repère afin que la liberté n'égare point.

L'emboîtement parfait est bien plus difficile à trouver qu'une hiérarchisation en bonne et dûe forme qui confond équi­libre et ligatures de plusieurs mouvements forcés. Politique commune à l'emporte-pièces. C'est la raison pour laquelle le corps a été diabolisé dans le christianisme, et dans tous les enseignements spirituels qui cherchent l'élévation et non pas l'intégration. De fil en aiguille, du bouddhisme à l'hindouisme et au jaïnisme, jusqu'au christianisme, l'incarnation est elle-même contaminée par le rejet du corps ou son mépris, ou par l'assassinat du souffle. La modération, moins dangereuse, mène, aussi à l'extinction naturelle de l'avidité, à une faiblesse délica­te du désir ou à la chasteté sublimée. Vivre dans la matière semble une punition, un examen de passage, une préparation pour un statut meilleur, dans bien des écoles que je réfute. Je le répète, c'est ce genre de considérations qui permet la fuite du présent, et son interprétation préconçue, et pour terminer sa falsification pure et simple.

Je n'attaquerais pas cette politique si elle avait donné des fruits dignes de ce nom, et je sais toute l'opprobre que je suis en train d'attirer sur moi pour avoir un jugement nuancé — là où les voleurs de vérité décrètent à tour de bras ce qui est bon et mauvais pour chacun, en rendant obligatoire pour les autres l'itinéraire qui leur a si mal réussi. Fuyez ces fausses panacées, la suppression du mental, la suppression du souffle, la suppres­sion du soin au corps, qui sont encore des modèles dans cer­taines voies. Fuyez tout autant l'idolâtrie de l'intelligence, l'idolâtrie du souffle, l'idolâtrie du corps. Fuyez toute croyan­ce. Si vous voulez n'imiter personne, il est probable que vous expérimentiez ces options, temporairement, et sans vous y arrê­ter si elles ne vous comblent pas. Ne faites rien de ce que je propose si vous ne sentez pas que cela vous concerne. Je suis contre la politique de la contrainte extérieure. Si vous vous contraignez vous-mêmes, cela est différent, mais pas sous pré­texte d'obéir à un système qui vous manipule en exploitant vos demandes. S'acharner à rejeter le corps ne résout pas le problè­me de l'identité. C'est une stratégie stupide qui se trompe d'objet. Ce n'est pas le corps qui doit être rejeté, puisque il constitue le socle de notre vie et exige la santé, mais le souffle dans toutes ses manifestations d'avidité. Beaucoup d'êtres très dangereux ont tellement refoulé le plaisir au nom de ceci ou cela qu'ils le trouvent, dévié et perverti, dans le pouvoir sur les foules, l'autorité sur les autres, la manipulation. Ou encore dans l'or.

Comme le corps possède une morphologie matérielle, il est facile de le localiser et de le mépriser. Le souffle possède une morphologie subtile, et pour en connaître la forme, il est nécessaire que le moi plonge en lui-même. Tandis que nous pouvons toucher toutes les parties de notre corps et nous identi­fier facilement à notre image, il est en revanche difficile de `faire le tour' du dynamisme de son propre souffle avant la trentaine d'année tant cette puissance vitale est puissamment connectée à l'ensemble des sensations, c'est-à-dire à l'effet général que le monde extérieur exerce sur nous. Seule la plon­gée en soi-même montre d'une part que le souffle dépend plus qu'on ne le souhaite des évènements extérieurs, et d'autre part que le mental peut se libérer, plus qu'on ne l'imagine, des conditionnements de pensée du milieu.

Le moi qui se transforme agit donc sur deux plans en sens inverse — mais dans la même direction.

A) Augmenter l'autonomie intellectuelle et spirituelle par le développement de l'intelligence, de l'examen de soi, de la remise en question, de la distanciation. (Augmenter l'attraction du wou).

B)Diminuer le souffle. L'amoindrissement de tous les élans vers les objets gratifiants provoque une autonomie supé­rieure : les dépendances s'éliminent. (Diminuer l'attraction du yeou).

La liberté provient d'un assujettissement faible à toutes les pulsions, telles des survivances, y compris la pulsion subtile de se séduire soi-même par un comportement d'ordre spirituel, ou une image lumineuse de soi. S'attacher à son idéal n'est pas une stratégie guerrière. Cela renforce la culpabilité en cas de chute, quand les bonnes résolutions n'ont pas suffi à venir à bout d'un comportement dont on voulait s'affranchir. En fait, on risque d'autant plus d'abandonner la voie qu'on accorde trop d'importance à ses succès et à ses échecs. Car il y a tou­jours des contrastes proportionnels, d'où la nécessité du déta­chement pour absorber 'les creux et les bosses'.

Vivez une démarche exploratoire, au sein même de la rou­tine, et vous verrez qu'à chaque moment, des perceptions nou­velles peuvent avoir lieu. Même dans le contexte le plus émoussé. Dans ce mouvement exploratoire, la fascination de l'avenir vient souvent s'emparer des pas qui sont faits. L'obser­vation de soi est généralement sacrifiée trop tôt au modelage d'un nouveau moi — aussi têtu que l'ancien, mais dont les mobiles auront été modifiés. En fait, l'exploration ne cesse jamais, et ne tirez donc pas de plans sur la comète de vos pre­mières grandes prises de conscience. C'est cela qui fait cesser l'évolution à la seconde naissance: un appel qui est trop vite intégré. C'est là que la religion montre ses limites. Elle retient l'individu qui veut aller plus loin et lui interdit une consécra­tion en dehors de son propre cadre. Sauf en Inde, le vrai mys­tique, le vrai chercheur est rejeté, surtout par les membres du clergé qui le trouvent subversif et réfractaire à la propagande.

L'indépendance du mental produit de nouvelles satisfac­tions, comme la méditation et la contemplation naturelles, exercices du moi qui estompent sans effort les exigences du souffle pour l'acquisition matérielle, le culte du plaisir physique, le prestige, et le confort d'une vie réglementée. Une compréhen­sion naturelle de l'autre jaillit des profondeurs, qui s'accom­pagne d'une vision des principes de la nature: la complémenta­rité de l'homogène et de l'hétérogène, et le retour vers l'équi­libre de toutes les activités. Quand cette démarche se dévelop­pe, les deux compulsions inconscientes génériques, la demande d'approbation (Yang) et le complexe d'abandon (Yin) dimi­nuent fortement. L'individu peut se fonder dans sa propre reconnaissance de la réalité tout en guérissant les blessures multiples — parentales, familiales, tribales, qu'il aura subies pour avoir refusé de rester dans le rang des valeurs temporelles et contingentes. Tous les conflits relationnels s'émoussent dans la quête du Tao, et finissent par être vécus comme des condi­tions nécessaires d'épanouissement, des obstacles obligés, des tests. Sans haine, sans violence, sans ressentiment, tous les pré­judices émotionnels prennent leur place dans l'émancipation spirituelle. Je répète qu'on somatise moins, qu'on se fabrique moins de pathologies, à reconnaître ses émotions, ses dépen­dances, ses incapacités, qu'à les verrouiller. Le Tout étant homogène, beaucoup de maladies proviennent d'un sentiment (inconscient) de séparation, d'avec l'autre, d'avec le monde, d'avec soi-même ou un élément essentiel de soi-même, comme le corps, le souffle, ou encore le 'subliminal', mystérieuse puis­sance solaire involuée et donc virtuelle, dont j'ai évoqué l'importance et le pouvoir à double-tranchant.

Mener une vie spirituelle n’a jamais été difficile en soi, mais aucune civilisation ne l'a favorisée. Pour éviter ces pas­sages obligés d'incompréhension, de lutte, de haine, qui carac­térisent l'éveil, et dans cette optique seulement (c'est-à-dire pour se tenir à l'écart des structures sociales), les ordres, les monastères, les collectivités en dehors du monde sont justifiées. Toutes les grandes révélations possèdent leurs institutions. Mais en ce qui concerne le travail évolutif proprement dit, il peut avoir lieu n'importe où, dans n'importe quel contexte, puisque il s'agit de l'action du moi sur le moi, mouvement inaliénable et imprescriptible. Si le renoncement au monde semble facilité dans les congrégations religieuses, il ne l'est qu'en apparence. Les structures de groupe appellent les indivi­dus à manifester leur souffle, et la haine, la jalousie, l'intrigue pour le pouvoir administratif ou pour le pouvoir spirituel sur les novices ont toujours lieu. Un code de dominance — aussi subtil soit-il, accompagne toujours la vie de groupe. Les règlements, les disciplines, les dogmes, nivellent les personnalités. Les cri­tères d'élévation hiérarchique ne suivent pas nécessairement le progrès intérieur. En dehors des lignées traditionnelles où c'est la transmission directe de l'initiation véritable qui consacre l'autorité du nouveau maître — souvent successeur de l'ancien, les congrégations religieuses ont rarement à leur tête des hommes réalisés. Sur deux ou trois millénaires, cela explique la prévalence de la lettre sur celle de l'esprit, la caricature du dogme religieux qui évite toutes les vraies questions, les plus' épineuses, auxquelles il ne sait répondre. Toutes les religions finissent en superstitions car elles dissocient les moyens des fins. Forcer l'homme à adopter des séries de comportements plus justes, plus droits, plus solidaires, sans qu'il ne se rende compte par lui-même du bien-fondé de ce changement ne peut conduire qu'à l'échec. Cet échec est masqué par une certaine homogénéité morale des valeurs sociales et une identité collec­tive narcissique. Toutes les religions ont échoué jusqu'à aujourd'hui. Elles obligent à des pratiques qui ne sont que des simulacres, des cérémonies, des rites, bref, des mises en scène. De nouvelles apparences, rien de plus, si le moi ne se tient pas en éveil, en danger à la lisière de l'Infini — à la porte du mys­tère.

Le modèle taoïste (ta Chang fu), l'homme véritable de la tradition primordiale, rejette la forme pour le fond, voit le fruit plutôt que la fleur, comme je le disais en conclusion du chapitre 38. Le Yeou mène au Wou qui mène au chéri, qui conduit simultanément à la mère des mille êtres, l'énergie, et au Tao, la conscience ineffable. L'itinéraire spirituel se fait à rebours de la genèse de la vie, il en remonte les étapes, mais il ne saurait le faire contre elle. Le retour à l'origine régresse vers les principes essentiels, ce qui transforme les éléments en bout de chaîne, les attributs du Yeou, la peur et le désir, le sentiment générique 'du moi, la personnalité conditionnée qui fuit dans l'anticipation gratifiante pour oublier la confusion du présent.

Dépasser les apparences, tel est le fond de toutes les reli­gions dans leur principe. Ni le mental, ni le souffle, ne se lais­sent transformer par de bonnes paroles et de belles résolutions, pas même par d'excellentes pratiques si le moi n'aspire ni à la connaissance, ni à la sagesse, ni au Tao, ni au retour. Aussi, avais-je inventé une doctrine spirituelle qui n'attaquait rien de front, car cette pratique est trop dangereuse. Le besoin d'évo­luer peut cesser après une expérience trop négative due à une ascèse rigide. Supprimer de force la pensée pour la remplacer par le soi — caricature du zen, ne peut réussir que chez des âmes qui récidivent dans cette tentative et qui possèdent un karma adéquat. Supprimer le souffle par la chasteté de principe, sans risques majeurs, ne peut réussir que chez les êtres dont les besoins sexuels sont faibles et qui sacrifient les satisfactions vitales sans (trop de) souffrance. Ce peut être une mauvaise stratégie pour des âmes qui ont renoncé au sexe dans des vies antérieures sans pour autant se réaliser, car l'interdit peut reve­nir en force et le refoulement du désir devient alors plus mal­sain que son expression. Pratiquer une discipline de fer sur le corps, par la restriction du sommeil, une abondance d'exercices, une alimentation fade, peut tout au plus venir à bout de la tyran­nie du souffle, mais sans procurer d'autres avantages spirituels.

Ne perdez jamais de vue que chaque progrès effectué au sein d'une des trois fondations n'a pas de sens s'il ne s'harmo­nise pas avec les deux autres. Mon enseignement convient aussi bien aux spiritualistes déracinés, pour qu'ils s'incarnent davan­tage, qu'aux matérialistes concrets qui doivent découvrir le subtil pour pouvoir continuer leurs réalisations objectives. Mais comme chacun a tendance à faire toujours de la même chose, le syndrome de la compensation frappe les chercheurs spirituels. Ceux qui s'enracinent avec prédilection sont menacés par la routine, la rigidité, le parti-pris de savoir, l'activité, et la com­plaisance vis-à-vis de leurs rôles. Ceux qui s'élèvent avec pré dilection sont menacés par la fuite des contingences matérielles, la rêverie métaphysique, l'excès de vie intérieure, la complaisance émotionnelle. Les grandes tendances psycholo­giques ont le pouvoir de se manifester en s'accaparant le calen­drier du moi, et seul une vigilance nouvelle permet de repérer les champs peu sollicités où la conscience doit se développer. Pour chacun, l'équilibre n'est possible qu'en découvrant les exigences des plans moins prépondérants. Ce livre vous permet donc d'admettre que le souffle, le mental, ou le corps que votre moi intègre empiriquement doit être pris en considération. Cherchez quel est votre point faible parmi les trois. Vous découvrirez certainement comment vous avez masqué cette fai­blesse en faisant appel outre mesure à une des deux autres fon­dations. Commencez à vous pencher sur le laissé-pour-compte. Je ne dis pas que c'est facile. Mais c'est nécessaire.

Aussi, si vous voulez pratiquer la voie intégrale, ne l'embellissez pas. Il faut en revenir à l'analyse de tous les mou­vements intérieurs, ce qui est une réalité qui prévaut sur les comportements. Prenez les mesures de vos préoccupations. Le comportement est en bout de chaîne, la simple matérialisation d'une valeur, d'un principe. Beaucoup de comportements sont effectués mécaniquement, sans que l'on détermine vraiment leur origine, surtout s'ils se répètent. Un comportement impec­cable qui n'est pas au service d'une aspiration profonde n'a aucune valeur. Le moi finira soit par s'endormir dans la perfec­tion extérieure, le rite, la cérémonie et la prière (comme le font depuis des générations les hindous, les juifs et les chrétiens), soit par se révolter contre toutes les lois pour devenir un moi pervers méprisant toute autorité (ce qui arrive encore aux lais­sés pour compte du mysticisme qui deviennent alors de faux maîtres). Le cheminement naturel consiste donc à reconnaître que le mental, le souffle et le corps doivent participer vers la même création. La chose est difficile et semble dangereuse, jus­tement parce que les interdits tombent, les principes deviennent flous, le règlement disparaît. Mais cette politique n'est pas plus idiote que la 'chirurgie', qui veut supprimer radicalement les obstacles, mettre de côté le cerveau ou les sens, jeter le désir à

la poubelle par décret, et tordre le cou à la pensée avec je ne sais quelle mystérieuse pensée de la non-pensée. Cette simplifi­cation qui se pare d'idéaux parfois nobles est une forme subtile de violence, une expression du Yang séparé du Yin.

Gagnez en souplesse, c'est-à-dire en endurance vis-à-vis des contrastes (émotionnels) d'une part, et en disponibilité d'autre part. Par la souplesse une aspiration croissante voit le jour. Le moi se reconnaît dans un univers plus large, dans des objets différents de lui, dans des valeurs étrangères. L'hétéro­gène devient homogène, le moi absorbe de plus en plus de réa­lités, l'Immense se dévoile, l'individu participe.

Mû par un courant plus pur d'intelligence et d'énergie, l'individu qui s'aventure dans la ramification au Tout nettoie la mémoire de son espèce. Il se libère de la demande d'approba­tion et peut vivre sa révolte dans une soumission plus grande au Tao. Il se libère du complexe d'abandon, car même s'il demeu­re incompris dans son milieu, la Mère des mille êtres se penche sur lui, de la façon dont il peut l'admettre et l'accepter. Le mouvement vers le Tao finit par devenir plus naturel que l'obé­dience aux règles morales, aux dogmes religieux, aux présup­posés spiritualistes. C'est quand ce renversement s'effectue que s'opère la troisième naissance. La seconde ouvrait le champ de l'infini, mais comme une simple brèche qui pouvait encore se refermer. Avec la troisième naissance, l'effort pour évoluer est devenu inutile. Les tensions sont remplacées par une implica­tion profonde qui accepte tous les ingrédients de la réalité, obs­tacles et souffrances, combats ou extases, sans les mettre en scène pour s'en plaindre ou s'en prévaloir. Quelles que soient les difficultés, elles apparaissent comme ponctuelles. Le cap se maintient de lui-même et par lui-même, sans aucune contrefa­çon. Sans obédience religieuse, sans représentation intellectuel­le, sans calcul d'un gain quelconque.

Ce statut peut devenir dans l'avenir celui de toute l'huma­nité. S'il le devient, ce sera clair que les différents avatars pré­paraient chacun d'une manière singulière ce même avènement, celui d'un homme cosmique, que la cosmicité n'enivre pas, que l'élévation ne coupe pas de ses racines, que le progrès intérieur ne sépare pas de ceux qui sont moins avancés. Je vous ai mon­tré tout au long du livre que le choix à faire entre la vie mon­daine et la vie intérieure ne se pose pas. Le Wou pénètre le Yeou. Le renoncement au monde est une sanction psycholo­gique, un statut intime, qui crée de nouvelles valeurs dans le monde lui-même. Inutile alors de le fuir. C'est le renoncement bouddhiste, préalable à une victoire éventuelle sur la peur et le désir (comment s'en affranchir si on les cultive en respectant les valeurs de la société ?). C'est le renoncement taoïste aux honneurs, aux cours, aux charges, aux compromis mondains où la dominance, quel que soit son code particulier, a toujours force de loi. C'est le renoncement chrétien 'aux biens de ce monde', que l'Église a édulcoré pour mieux se lier aux puis­sants et conquérir par la concussion et la force (principe cepen­dant directeur dans la vision de Jésus accusant les riches de conquérir la vie au lieu de conquérir la charité par l'amour du prochain).

L'identité transformatrice ne peut pas être générée dans la confusion originelle entre le moi et le non-moi que maintient le souffle par la culture du gratifiant. Le progrès s'effectue par l'abandon d'innombrables procédures de pensée et d'habitudes, et non pas par l'acquisition de nouvelles règles préconçues d'action. Le progrès s'effectue par une démystification du désir et une reconnaissance du Désir essentiel, la coïncidence subtile avec le Tao. Mais ce mouvement est si intime qu'il est impos­sible de le représenter correctement. Aussi, les avatars donnent des lignes conductrices, qui sont comme le mode d'emploi des outils de leur boite à outils, leur doctrine spirituelle. La doctrine étoffe les quelques principes irréductibles que le fondateur retient pour bâtir son enseignement. La peur et le désir cause de la souffrance pour Bouddha. La non-reconnaissance de l'autre et du Père, cause du chaos des valeurs humaines pour Jésus et de la réglementation factice de la religion. Le besoin de se dif­férencier selon ses propres règles, cause de la perte du Tao dans mon propre message. Dans les trois systèmes, c'est le même moi non-évolutif qui est dénoncé, le moi qui fonctionne pour lui-même, sans s'interroger sur la pérennité de la vie, de l'autre, et bien sûr sur celle du Tao.

La méditation peut commencer à se pratiquer dans des moments particuliers. Une fois que l'habitude est prise de reve­nir naturellement sur les contenus psychologiques pour identi­fier leur origine, la méditation s'impose d'elle-même sans cal­cul, et occupe le champ psychologique en permanence ou presque. On peut toujours en varier les formes et consacrer cer­tains moments particuliers à faire le vide, ou à examiner une question avec détachement. Techniquement, la méditation doit permettre au wou de pénétrer le yeou. Le Vide s'infiltre dans la mécanique mentale, et le sentiment de non-séparativité s'accroît. Le chers se manifeste plus souvent. Il estompe les frictions entre le Yin et le Yang, adoucit les changements d'humeur, permet une approche distanciée de tous les évène­ments. Il se joue des opposés émotionnels et mentaux.

La contemplation estompe la déchirure entre le moi et le non-moi. Pour ce faire, l'adepte subit des visions d'osmose, des perceptions holistiques nouvelles qui changent la fondation de son identité. Dans la contemplation, le mental, le souffle et le corps se ramifient d'une manière nouvelle, à travers le centre émotionnel purifié qui se dilate.

La prière est rarement pratiquée correctement. Elle consis­te à prendre conscience de son être subliminal afin de tourner le meilleur du moi, ses aspirations solaires, ses souhaits les plus profonds, vers l'actualisation. L'invocation de "Dieu" est un prétexte pour rendre cette pratique plus facile. .

Au fur et à mesure de votre pratique, vous sourirez de voir les analogies entre les religions. Et vous verrez finalement que les 'outils' ont la même fonction, même si leur présentation dif­fère. Enfin, vous sourirez aussi, comme moi-même, des diffé­rents "emballages" de la quête infinie... qui change d'un conti­nent à l'autre. Jésus, Bouddha, Lao-Tseu sont dans votre coeur.

Mieux cachés là, et à l'abri de toute corruption, que nulle part ailleurs. Imprescriptibles. Il vous suffit d'aller les retrouver. Ils ont gagné le centre avant vous et vous y attendent. C'est le même centre pour tous. Tout au fond de soi, dans la mémoire d'avant le temps. Arrivés , comment voulez-vous qu'ils se dispensent d'en parler... quoiqu'on en dise, quoiqu'on en pense. Et tant pis s'ils finissent dieu à la place de Dieu. Ils lais­sent la trace de l'Impossible jonction entre le ciel et la Terre, le moi et le non-moi, l'Esprit et la Matière. Ils triomphent, même dans l'ignominie. Ils triomphent, même récupérés aux fins les plus abjectes. Ils triomphent pour s'être moqués de perdre ou de réussir, modelés par l'Amour.


Mourir sans disparaître c'est être immortel

Tao-tê-King ch 33





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TABLE DES MATIÈRES



Introduction.


1. Mémoire d'un instructeur.

2. Mise au point historique.

3. Esquisse de l'universel.

4. Description de la voie spirituelle

5. Mise en garde contre les caricatures du spirituel.

6. Comment s'impliquer dans la voie intégrale.

7. La traversée des apparences.

8. Les principes de la voie intégrale.

9. Le changement de perspective.

10. L'énigme du soi.

11. Le système du monde.

12. Les précautions dans la voie intégrale.

13. Les techniques.

14. La troisième naissance.


Bibliographie.

mardi 14 avril 2009

Lumières du Christ



Le Christ est une énergie universelle. C’est la première des énergies rendant le plus accessible la connaissance et l’union au divin. C’est la premières des énergies la plus accessible nous libérant de notre condition personnelle.

Cette énergie que le mot Christ désigne est activée actuellement par le plan supramental.

Le Christ est une porte pour l’accès au Supramental.

Contacter le Christ énergétiquement, c'est-à-dire essentiellement, en essence, dissous les troubles, la clarté s’installe, la lumière s’étend.

Le Christ est la Conscience.

Le Christ est la première énergie facilitant l’accès à la conscience lumineuse et infinie qu’est Dieu, l’Absolu, Brahman, le Créateur de toutes choses.

Brancher l’attention sur l’énergie du Christ permet d’accéder à cet état lumineux et inaltérable, infini et absolu qu’est la conscience sous-jacente à tout, Dieu.

Christ est l’énergie que Jésus a révélé pour accéder plus facilement à la vie divine.


Christ est l’énergie la plus simple d’accès au divin et nous y plonge instantanément. Il nous le rend immédiatement accessible. Christ est un avec le divin ; ils ne sont pas différenciés, Christ est un état particulier inhérent au divin. C’est le divin.


Le Christ n’a pas de forme.

Le Christ est sans forme.

Le Christ appartient à tout le monde puisqu’il constitue le monde, la création sous toutes ses formes et non formes. Christ appartient à tous comme le Soleil appartient à toute la vie.


Le Christ : énergie qui résorbe automatiquement le doute, la culpabilité, les sentiments de faute, d’erreur, de dévalorisation. Bref tout ce qui nous sépare d’avec le divin.

Toutes ces illusions qui constituent notre ego et que nous entretenons à notre détriment. Christ est cette énergie qui résorbe instantanément ces aspects qui renforcent notre personnalisation de nous-même, le continuum illusoire de notre ego.

Ce qui nous empêche (= péché) de contacter le divin, d’être libre, éveillé à lui dans sa lumière totale.

Les fondements du christianisme sont les fondement de l’accès à ce qui s’appelle la libération.

Les fondements du christianisme sont dans la parole de Jésus.

La parole de Jésus est fondée sur l’énergie Christ. Jésus est l’être qui symboliquement ou historiquement peut être, incarne en tant que personne la possibilité pour tout être humain d’accéder au divin par la voie du Christ.

Le Christ est partout.

Invoquer le Christ c’est invoquer cette Conscience-Energie qui révèle à notre conscience qu’elle est Cela, et que tout est Cela, cette Conscience qui soutient tout en tout et partout.

La force de cette énergie Christ c’est son pouvoir de liquider immédiatement ce qui nous sépare de Lui, donc de Cela qui est.

Quiconque est uni avec Christ est uni à Cela et peut dire alors Je Suis Cela.

"Tu es Cela", Tat Vam Asi तत्त्वमसि;

et "Je suis Lui", So Ham, en sanskrit,

ou bien Je suis chez les chrétiens latins,

car Jésus c’est "Je suis".

Peut importe s’il y a eu un Jésus quelconque, l’essentiel est ce message spirituel transmis par ceux qui ont reçu la révélation de le transmettre et de l’écrire.


Jean, qui a écrit l’Apocalypse, et les autres évangélistes, sont probablement des voyants, des sages des âges antiques qui dans leurs évangiles nous révèlent leur connaissance comme les Rishis l’ont fait avec les Védas.

Marc, Luc, Mathieu, Jean sont à considérer comme des Rishis, et la Bible est à lire et à interpréter comme Sri Aurobindo a interprété le Véda pour découvrir le secret du Véda.

Une disciple de Sri Aurobindo, comme elle le relate dans son témoignage

«Une offrande de nous-même»,

Noutte Genton-Sunier, de son nom spirituel

Ma Suryananda Lakshmi,

a fait ce travail dans ces divers écrits difficilement trouvables actuellement, ayant malheureusement, comme c’est souvent le cas, pris fin avec l'être humble qui les a écrit.

Ce sont ses écrits qui m’ont mis sur la voie intérieure de la connaissance du Christ et de le vivre en mon âme et conscience tel que j’en témoigne ici, ainsi que des expériences spirituelles ayant préparé le terrain en ce sens.


Le Christ est un pouvoir. Ce pouvoir est une force vive de pénétration lumineuse inaltérable, inhérente et sous-jacente à toute vie, à toute forme. C’est une énergie qui relie tout dans sa force d’intensité lumineuse et d’énergie radiante, ainsi que de force aimante. Aimante dans le sens d’aimanter, tel un aimant qui nous attire, attire notre conscience à s’identifier et à s’unir à cette conscience-force-énergie qu’est le Christ. Il attire notre conscience et la sort de sa torpeur et de son marasme que le parasite ego perpétuellement entretien. L’ego voile, obstrue, parasite la reconnaissance de cette conscience universelle en tout et partout qui soutien et pénètre tout.


La résurrection c’est la renaissance à soi-même dans le monde divin. Pas un monde différents de celui-ci, un ailleurs de paradis chrétien ou étage ascensionné du new-age, mais la nature spirituelle fondamentale qui est en tout et partout. Dans les évangiles, les personnages que rencontre Jésus le Christ sont les différents aspects de notre personnalité faces à la nouvelle conscience éveillée au divin que symbolise le Christ dans ces différentes étapes au cours de l’histoire de l’évangile, transmise linéairement pour notre compréhension mentale.

Il n’est pas question ici d’écrire un nouvel évangile et Ma Suryananda Lakshmi dans son « Exégèse Spirituelle de la Bible- Apocalypse de Jean »

a remarquablement tracé l’essentiel pour ouvrir des portes, sinon cachées, biens scellées, et permettre d’expérimenter par soi-même.


Jésus Christ n’est pas la nomination d’un individu comme Jacques Dupont ou François Durand mais la signification du Je Suis Le Christ, symbolisé alors par un être humain auquel nous pouvons nous identifier afin d’être à même de trouver le même chemin, et recevoir l’universalité et l’intemporalité de cette enseignement pour notre propre guidance. Il y a peut être eu un Jésus, qui s’appelait d’un autre nom au départ, et qui était un énergéticien évolué qui a contacté ce plan de conscience qu’est le Christ pour le révéler à d’autres.

S’en suivirent alors des Saints et Saintes et autres mystiques au cours du temps. Mais quelle importance !

Ce n’est pas là qu’est la foi spirituelle. Ce serait une piètre béquille que de s’appuyer sur cette historicité.

Le renforcement culturel d’accorder de l’importance aux signes extérieurs nous écarte de l’essentiel. S’accrocher aux signes est un danger. Cela contribue à la pensée magique dont le processus est d’attribuer au monde tangible des capacités issues du monde du domaine de l’esprit. Un glissement, une dérivation s’opère.

C’est la transposition de faits spirituels dans le plan matériel, ce qui arrange le mental car adoptant le wishful-thinking (prendre ses désirs pour la réalité) pour se conforter dans l’inertie et éviter de voir la réalité tel quelle est : impitoyable, au sens originel du mot.

"Toutes les fois que des gens sont dans une situation où les principes rationnels concernant la formation des croyances induiraient une croyance qu'ils préféreraient être fausse, ils deviennent victimes du wishful thinking ou réforment leurs préférences de manière adaptive."

Jon Elster, " Alchemies of the mind."


Petit à petit des croyances s’installent, puis une mythologie.


Abordé selon un certain point de vue, la Bible est une mythologie totale!

L’essentiel est le témoignage spirituel laissé par les testaments anciens et nouveaux et les évangiles, qui sont les manuels de préparation et d’invitation à l’aspiration divine en Christ, porte énergétique d’accès au divin.

Mais le pouvoir du Christ c’est aussi de pouvoir se manifester en tant que divinité personnelle, l’Ishvara, pour un contact plus personnel entre l’aimant et l’aimé, comme dans la bhakti visnouite. C’est pour cela que la statuaire est si importante dans la tradition chrétienne. La statue nous renvoie à une image humaine facilitant l’identification. Par exemple l’identification à la personnification en Jésus sacré cœur. Statues pas si statiques que cela puisque dans certaines églises les statues représentant Jésus Christ sont habitées d’énergies que nous pouvons recevoir pendant les méditations dans ces églises, devenues silencieuses et propices à ce genre d’expérimentation depuis qu’elles sont désertées…

La statue de Jésus Christ vêtue d’or et de rouge à l’église de Boulieu les Annonay, L’église d’Ordiarpe au Pays Basques (un véritable chemin d’éveil et d’intégration est possible dans cette église à forte vibration spirituelle); la Chapelle de Sainte Jalle dans la Drôme provençale où l’expérience du corps de lumière se fait toute seule, le corps de lumière se déployant sans effort ni intention…; le silence solide de la crypte de la cathédrale de Tournus; l’entrée de l’église Saint Augustin sur le plateau de la croix Rousse à Lyon, émanation tellurique d’énergie régénérante; le rayonnement puissant de la façade du portail principal de La basilique Saint Sernin à Toulouse, ville mystique par ailleurs; la synagogue de Cochin au Kerala en Inde du Sud, lieu de paix et de joie méditative; la chapelle au pied du Mont Aiguille à Trézanne, harmonie et recueillement; et autres joyaux spirituelles de la chrétienté d’ici et d’ailleurs…à expérimenter par soi-même en toute conscience.


Le Christ, énergie conscience présente en tout peut être perçue comme une trame de lumière de laquelle des manifestations lumineuses peuvent surgirent comme réponses individuelles à nos invocations. Avec nos corps énergétiques nous pouvons fusionner dans ces sphères de lumières et ressentir l’union d’une extase parcourant notre être jusqu’à nos cellules corporelles les plus profondes. Christ est une énergie tellement pénétrante que l’extase est possible à tous les niveaux de l’être, y compris cellulaire, c’est le sens de la vivification que procure l’Amour.

La familiarisation avec la perception en énergie et la vision énergétique qui en découle, aide à contacter le Christ plus facilement. Percevoir en tant qu’énergie balaye les conditionnements que nous avons vis-à-vis du Christ, fortement ancré sous sa forme pervertie par la transmission qui nous en est faite par les sociétés et le manque de lucidité de certains courants spirituels. Conditionnements mentaux accentués par les credo perpétuels de l’église romaine.

Il est intéressant d’ailleurs, de se poser la question de l’établissement du Vatican, siège de l’Eglise, à Rome, alors que c’est de là que sont parties tous les ordres de persécutions chrétiennes avec la kyrielle de martyres en découlant…

Mais revenons à nos moutons.


Indépendamment de toutes ces supputations historiques et temporelles,ce n’est pas ça qui nous empêche véritablement de trouver le Christ, en nous.

Car nous sommes perpétuellement habité par le Christ. Christ habite tout, en tout et partout, en permanence, depuis l’aube des temps jusqu’à la fin des temps, en dehors de tout temps, partout et en dehors de tout.

Il Est ; depuis l’origine. L’Alpha et l’Oméga le signifient.


Se défaire de la forme.

Se défaire de la représentation.

Se défaire des formes et des représentations que nous avons en nous sur les sujets spirituels si nous voulons connaître ce qu’est la vérité spirituelle. Telle est la condition essentielle pour parvenir à l’inconditionnel.


L’Amour inconditionnel, l’Amour divin, l’Amour du Christ, sont ces mots piégés par notre mental et qui sont devenues à leur tour des pièges par la représentation que nous en avons fait, la forme conceptuelle que nous leur accordons. Il n’y a qu’à voir, dès que le sujet Christ est abordé les esprits se braquent, se cherchent, comparent, jugent, se font des représentations et cherchent si ce qui est dit ou écrit correspond aux leurs. Leurre…

Ce Jésus est petit dans notre esprit qui est lui-même grand par sa bêtise…

Par exemple il suffit de parler de l’Amour christique pour que…tiens, regardez ce qui se passe en vous…Ah l’Amour Suprême… C’est de la crème.

Le Christ, autorité divine absolue devant laquelle le croyant se prosterne et devient terne…


Le Christ est l’aimant qui attire par sa force. Il nous force par son pouvoir aimant à s’y abandonner.


L’abandon est le pouvoir qui nous permet de trouver le Pouvoir du Christ.

Christ est l’énergie qui balaye tout attachement de l’ego à ses actes, à toutes habitudes mentales.

C’est en cela qu’il est pardon. Pour l’Amour patientons encore un peu…

Christ est une énergie, et pas des moindre, qui se donne en permanence et en s’y donnant nous même à elle, nous libère de tout ce qui en nous nous en sépare. Christ nous révèle par sa lumière l’illusion de nos fautes, de nos pensées, de l’égoïsme. Voilà en quoi le Christ est Pardon.

Le pardon peut-être un processus mental qui, psychologiquement, nous aide à nous libérer d’un fardeau alourdi par l’attachement à l’objet de notre rancune ou vengeance.

Mais le véritable pardon c’est cette énergie Christ qui nous libère de nos attaches et conditionnements mentaux envers la rancune, la vengeance etc.

Au-delà de ça, c’est la puissance divine qui n’est nullement conditionnée par nos fautes.


Lorsque l’on contact Christ, cette énergie nous affranchie de l’illusion égoïste d’être séparé du Divin.

Séparation due à cause de nos fautes, du parasitage de l’ego.

Nous sommes Cela, quoiqu’il y ait, quoiqu’il advienne. Cela est. Nous Le sommes.

Ainsi le péché est perpétuelle, le pardon aussi. Le péché et le pardon ne sont donc encore une fois pas une question de morale et de valeur mais d’aptitude intérieure à contacter l’énergie qui va dissoudre les voiles de l’ego. Le péché c’est étymologiquement « manquer », à rapprocher pour le sens du sanskrit skhalati

« il fait un faut pas ».

En soi il n'y a pas de fautes ni d'erreurs puisque tout est divin, le divin est affranchi de toutes nos fautes et nous en affranchit en permanence.

Manquer, oublier que nous sommes Cela, oublier qui nous sommes véritablement.

Cela c’est Dieu, étymologiquement la lumière. De la racine indo-européenne °DEI « briller » qui a donné °DEIWO « les êtres, la lumière célestes » d’où le latin deivos « lumineux (du ciel, de la divinité) » se déclinant en deus « dieu », dea déesse; et en divus : diva, devin, divin, deviner, divinité, et en diana «diane ». La racine indoeuropéenne °DEI s’est déclinée en °DYEU-, °DYEW- « la lumière terrestre » qui a donné le grec Zeus, le germanique Ziu ancien anglais Tiwes « dieu de la guerre » Tiwes daeg Tuesday « mardi », et le latin ju « jour » Juppiter (ju-pater « jour-père ») Jupiter d’où Jovis « Jovial ». Et °DYEU-, °DYEW- a aussi donné en latin dies « jour » (midi, lundi « jour de la lune », mardi « jour de mars », mercredi

« jour de mercure », jeudi « jour de Jupiter », vendredi « jour de venus », Samedi « jour du Sabbat », dimanche –dies dominicus « jour du seigneur », hui aujourd’hui, quotidie quotidien, meridies méridien, méridional, et diurnus jour, diurne, journal, séjourner).

L’étymologie nous rappelle donc aussi que nous séjournons en Dieu, quotidiennement.


Le pardon c’est la force de Cela qui nous libère de ce qui nous empêchait de la contacter. Le pardon est perpétuel car nous péchons perpétuellement. Et ce, tant que la matière ne sera pas transformée par Cela pour en libérer Son pouvoir, alors il y aura péché. Puisque pécher c’est manquer, tant qu’il manquera la révélation du Divin à quelque niveau que ce soit en nous, il y aura manquement à l’accomplissement total du divin en l’homme.

C'est pour cela que le divin est perpétuel pardon, quoiqu'il arrive, quoique l'on fasse. Le pardon est une énergie et elle est constitutive de celle du divin. Aucune condition n'est nécessaire pour être pardonné. Le pardon est. Etre, et tout et pardonné, puisque notre vrai soi est immaculé, "lumineux, incorporel, sans défaut, sans organes, pur, invulnérable au mal. Ce Purusha qui est là partout, je Le suis" dit l'Isha Upanishad.


Tant que la transformation divine n’est pas accomplie il manque l’ultime réalisation. Il manque, ça pèche. Il faut se dépêcher d’aller pécher Cela pour absoudre tout péché. Cela nous donne la pèche et nous dépêche en tant qu’homme-conscience de le repêcher au fond de cette matière corporelle.

"Le matérialisme divin" comme le disait Satprem. Tant que cela ne sera pas accompli il y aura péché, omission. C’est l’objectif de la descente supramentale sur Terre activée par Sri Aurobindo et établie par Mirra Alfassa, Mère pour les intimes.

Mais avant tout, occupons nous de la première étape : connaître Cela que le Christ nous révèle. Naître à Cela : notre vrai nature, immuable et éternelle, impérissable et libre.

(Autres mots pour dire éveil, résurrection, immortalité, ascension).


La résurrection c’est la renaissance dans le Soi, l’éveil. Enfin Je Suis ! Jésus Christ. Je suis Christ. Quiconque connecte à cette énergie source, que ce soit François Durand, ou Charles Dupont

(le frère de Jacques, cité plus haut), peut alors dire « Je Suis Christ », peut s’appeler Jésus Christ.


Je Suis. Je suis cet ineffable énergie, conscience, lumière, qui pénètre tout et partout depuis tout temps et de tout temps, sans temps. L’Λ et l’ Ώ.


Mais pourquoi donc cette dénomination «Christ»?
Il n’est pas étonnant au regard de nature de cette énergie qu’est le Christ de découvrir dans l’étymologie le sens de oindre car :

Christ, du grec Χριστός, est la traduction grecque (retenue dans la traduction de la septante) du terme hébreu de משיח, machiakh, « Messie » et signifie « celui qui a reçu l’onction ». On consacrait les pierres des autels avec une onction d'huile, qui pénètre même la pierre. Versée sur une personne consacrée, l'huile symbolise l'esprit divin, qui pénètre même les cœurs de pierre.

Une onction (lat. unctio, de ungere, oindre) est un geste liturgique consistant en une application d'huile bénite sur une personne ou sur une chose.

Dans la langue vernaculaire de Canaan de divers courants charismatiques, l'onction désigne un mode particulier de présence du Saint-Esprit s'attachant a une personne, un lieu ou un moment particulier. Cette onction est généralement conçue comme associée soit à un ressenti de proximité avec Dieu, soit comme favorisant des manifestations surnaturelles de la puissance divine.

Et l’on comprend donc le sens ésotérique de INRI Iesus Nazarenus Rex Iudæorum « Jésus le Nazaréen, roi des Juifs »:

Igne Natura Renovatur Integra « le feu fait renaître la nature ».


Quant à l’Amour, ce n’est pas la relation affective entre les humains.

L’Amour inconditionnel, divin, c’est la substance de l’Absolu qui nous arrache de notre condition humaine et nous fait connaître ce principe spirituel en tout et partout. Affectivement et mentalement on peut se dire et s’efforcer d’aimer mais ce n’est pas l’Amour.

C’est de l’amour, comme on dirait « c’est de la m...».


L’Amour est fondé sur cette énergie force d’attraction, de pénétration et de lumière qui se meut en tout et habite tout. A un point tel que s’en est indicible. Le vivre en conscience, par l’expérience intérieure, c’est l’unique possibilité de connaître l’Amour du Christ et de s’affranchir de ses faux-semblants.


Etre hindou, chrétien ou musulman…ça ne veut rien dire ça n’a pas de sens !

Comme le disait le Sheikh Hadj Adda Bentounes à Jean Biès lors de sa rencontre relatée dans

« Voies de Sages »:

« Si les européens trouvaient quelqu’un qui leur explique ce que c’est que l’islam, ils constateraient à leur grand étonnement qu’il y a si peu de différence entre chrétiens et musulmans qu’il ne vaut pas la peine d’en parler…Je ne demande pas au chrétien de devenir musulman, ni au musulman de devenir chrétien ; c’est une chose de Dieu. Je demande au chrétien d’aller au fond de son christianisme, et au musulman d’aller au fond de son islam. Et là, ils se rencontreront. »

C’est tellement vrai ! Et quelques soient les voies.


vendredi 20 mars 2009

Le Grand Piège de 2012

La prédiction tirée du concret ne vaut que pour celui qui ignore la présence.Martin BUBER "Je et Tu"


2012...Si tous ces êtres qui projettent et s’identifient à tous les espoirs générés par 2012 ramenaient leur conscience à l’instant présent pur, il sera fait plus de progrès pour eux-mêmes que le progrès qu’ils croient que l’humanité fera après 2012, et ils ne se feraient en l’occurrence plus drainer de leur énergie vers la croyance en un hypothétique changement.Quel est l’effet majeur de détournement de l’énergie chez le chercheur qui met tous ses espoirs, toute son attention dans l’avènement des évènements de 2012 ?-La perte fondamentale du sens de la quête intérieure qui est la découverte de notre nature véritable dans l’éveil de la conscience au Suprême, le Soi, l’Absolu.-La démobilisation complète du chercheur dans la prise en main de sa propre destinée, sa propre libération. La croyance enlisante pour l’esprit qu’un évènement extérieur réglera les problèmes du monde et aura un impact sur la conscience et la libération du croyant. Car c’est le croyant qui est sollicité par ces prophéties, c’est à dire l’antique part de nous même prosternée devant les apparences extérieures (le monde ne vas pas bien-je vais pas bien dans ce monde/ le monde va aller mieux après être libéré par des forces positives extérieures-j’irai donc mieux). C’est l’antique par de nous même victime devant le chaos universel de la création qui cherche à adorer une représentation pouvant lui faire espérer qu’elle le libérera du malheur.-La remise en main de la destiné personnelle et collective dans une autorité et un pouvoir extérieur. Ce qui est l’antinomie des voies du Divin.

POURQUOI IL EST DANGEREUX DE SE FIER AUX PROPHÉTIES
A ce propos il serait fondamental de lire ou relire le grand classique « Cycle de Dune » de Frank Herbert. Référencé comme livre de science fiction c’est un roman qui livre les clefs d’une certaine connaissance. La fiction est un exercice de style qui peut permettre d'ouvrir des approches nouvelles et de points de vue différents face au monde. Dans le tome 1 «Dune » on découvre que pour mieux manipuler la planète et son peuple, pour se protéger et pour que ses créateurs s’assurent de leur prédominance, quelques milliers d’années avant que l’Histoire ne commence, ils entreprirent d’inséminer l’univers entier de « légendes prophétiques ». Voir Annexe .
La création d’une prophétie est l’alibi pour la mise en place de ce qu’elle annonce. De ce fait c’est aussi la porte ouverte à toutes les énergies opposées à l’évolution consciente pour s’emparer de cette prophétie en créant le prophète (faux) -faux précis et prophétie font bon ménage d'ailleurs- que tous les croyants en cette prophétie espèrent et invoquent. C’est aussi la porte ouverte à l’opportunisme d’énergies adverses. Imaginons que par une coïncidence, d’autres évènements que ceux annoncées par les tenants de 2012 arrivent à ce moment là; comme le débarquement des conquistadors en Amérique du sud face à des indigènes totalement dévoués à leur croyance en une prophétie messianique et qui s’avéra destructrice.Une autre possibilité serait qu’étant focalisés sur une seule date et les évènements annoncés, les chercheurs passent à côté d’autres manifestations plus subtiles et libératrices...
En effet ça sent déjà le roussit à plein vent cette prophétie de 2012 dont plusieurs calendriers se partagent apparemment la même projection. Trop de bruit autour d’un évènement aussi redoutable, quand bien même il pourrait être vrai, devrait laisser le chercheur sur ses gardes les plus vives pour ne pas se jeter à bras ouverts dans les énergies annoncées comme supérieures dans ces prophéties lorsqu’elles se manifesteront. Qui dit que ce qui sera présent à ce moment prévu correspondra à ce qui était annoncé des millénaires auparavant ? C'est-à-dire qui peut assurer que ce qui est annoncé par la Prophétie, aussi louable soit-elle, ne sera pas usurpé par des énergies, des forces contrévolutives s’étant appropriées la projection des milliers de croyants en cette prophétie pour assouvir leur domination ? En lisant le nombre de documents faisant allusions à cette date et le nombre de domaines où l’on en parle de plus en plus d’où le nombre croissant de gens y portant l’attention et y croyant, je déduis qu’il y a de forte probabilité que cette histoire aboutisse ou soit déjà entre de mauvaises mains. Là réside le plus grand piège et la plus grande preuve que les prophéties détournent du chemin de la vérité. Car faire trop de bruit et d’espérance autour d’un événement eschatologique conduit les peuples à l’asservissement d’opportunistes manipulateurs. De plus la vérité n’est pas mentale et encore moins fixe.D’où vient cette source « selon l’ancien calendrier Maya ». Rien de clair à ce sujet. C’est une phrase stéréotype passe partout et surtout au travers du discernement, phrase issue de l’interprétation unique et unilatérale d’un certains Carlos Barrios dont personne de cette tradition n’a validé l’interprétation.Don Marcelino lui-même dit que les symboles et les chiffres des calendriers Mayas sont des fioritures qui en fait ne veulent rien dire(!).Ce qui est décrit pour 2012 est à mon sens déjà amorcé et durera encore bien longtemps et il n’y a pas de garantie-paradis à la sortie !!!Quand bien même ces énergies arriveraient-elles en 2012 c’est ce que nous en ferons qui nous aidera dans notre évolution et non l’attente d’un changement qui n’arriverait QUE parce que l’on y croit !
Dans notre culture, de part notre éducation et les conditionnements de notre esprit au modèle de la société, notre vision de la vie est un déroulement beaucoup trop linéaire, pour preuve la représentation que nous avons du temps, bornée par des dates précises du passé, du présent et du futur se déroulant dans un processus progressif avançant sur une ligne droite vers des destinées établies à l’avance.Dans toutes les strates de notre culture nous sommes conditionnés dans ce rapport au temps très conceptuel. Orienter le développement spirituel dans ce sens renforce cette linéarité qui est fondamentalement incompatible avec l’essence de la spiritualité.Certains changements d’état de conscience peuvent nous faire toucher à une autre perception du monde où le temps n’est plus cet écoulement linéaire, où les objets et les situations apparaissent et se dissolvent dans le mouvement de l’Univers, un état de conscience dans lequel on ne se sent plus vraiment de cette culture moderne construite sur le temps mais plutôt proche de celui dans lequel vivent les peuples encore ancrés dans leur tradition en lien avec les rythmes de la vie, de la nature, de l’univers. C’est fugace mais lorsque c’est présent il est tout à fait compréhensible qu’il y a un monde entre notre culture et la leur. Que toutes entreprises d’études anthropologiques et ethnologiques est un paradoxe.
Mon expérience de l’énergétique m’enseigne d’une part que l’essence de l’univers bouge plus vite que la vitesse de la lumière, et sous cette force, tout ce qui est figé subit une forte pression, au pire s’enferme, au mieux éclate (concepts, représentations, croyances…), d’où la difficulté d’intégrer cette énergie faramineuse au niveau du corps, qui lui aussi change d’instant en instant dans une certaine accordance avec l’énergie de l’univers. Il y a parfois des moments où cette énergie est tellement rapide qu’elle parait immobile, c’est un des modes d’accès à l’énergie autoalimentée.D’autre part l’expérience de l’énergétique m’enseigne que tout est déjà contenu dans tout par de là le temps et l’espace, les énergies les plus élevées sont déjà en place depuis la création, elles sont à découvrir à tous les niveaux de la manifestation et à chaques époques des êtres à l’âme hardie les touchent, les atteignent, en font ou non quelque chose de créatif pour l’évolution spirituelle et livrent un passage supplémentaire ou complémentaire à leur accessibilité.Ainsi l’approche énergétique enseigne que rien n’est prédéfinit et prédéterminé,que nous avons à suivre l’énergie au plus prêt de ce qu’elle est (n’est ce pas ça l’essence de la Vérité ?) dans ses propriétés dynamiques et lumineuses. Les sages authentiques se sont toujours gardés de prophétiser, ils ont suivi les visions de connaissances délivrées par la lumière et l’énergie des choses, tel les Rishis des temps anciens qui ne prophétisèrent pas mais cachèrent dans le langages quotidien de la vie rurale les secrets de leurs découvertes les plus hautes, livrant aux âmes hardies le chemin spirituel d’accès aux mêmes plans qu’ils ont découvert."Ils représentèrent la vie spirituelle par des images poétiques tirées de leur vie quotidienne". Sri Aurobindo, Le Secret du Véda.
Quelle confiance pouvons nous mettre en des guides « de lumière » qui prescrivent d’aller habiter sur des hauteurs montagneuses en vue de la montée des eaux comme je l’ai entendu retranscrit de la bouche de certains chercheurs flottants dans les courants New-age ascensionnistes ? Quelle confiance pouvons nous mettre en ces personnes qui « channelisent » ce type d’information ? Imaginons donc tous les humains s’installant sur les montagnes en vue d’échapper à la monter des eaux ? Enfin soyons réalistes et pragmatiques ! La première solution qui m’est venue lorsque j’ai eu connaissance de l’information de ce channelling prônant la migration montagnarde c’est plutôt la navigation maritime. Évidemment. Mais je n’ai pas fait de channelling et c’est encore moins un guide qui me l’a soufflé et c’est pas spectaculaire comme idée...Inscrivez-vous dans une école de navigation de bateau à voile de préférence si vous voulez anticiper sur la monter des eaux, c’est plus simple et plus salutaire que d’aller tous s’installer sur les montagnes ! D’ailleurs il suffit de relire la Bible pour trouver la même solution qu’élabora Noé avec son arche...J’ai même lu dans des ouvrages qu’il y aurait à la date fatidique -à minuit même !- une interruption mondiale du courant électrique. Mais où va ton ?! Comment tant de fantasmes peuvent s’immiscer dans l’esprit de chercheurs en spiritualités ?!!? L’être humain est-il si primaire qu’il puisse croire en des choses pareilles et que certains les écrivent en croyant apporter un éclairage aux lecteurs ? Sincèrement pouvez-vous concevoir réellement ce type de scénario ? Du jour au lendemain, à une date déjà précisée à l’avance hop ! Plus d’électricité ! Mais qui donc a appuyé sur le bouton de l’interrupteur général de la planète ?! Hé!passe moi la lampe de poche !Hilarant ! Mais pathétique et attristant de voir des êtres humains croire en ce genre d’absurdité. Mais qui donc cherche, médite, prospecte, discerne, travail sur lui-même alors ? Si peu que cela ?Comment est-il possible de s’imaginer, de croire que le monde se transformera à partir d’une date, du 21 12 2012 en l’occurrence?
Quand bien même il se passerait un évènement qui aurait pour conséquence que rien ne sera plus comme avant, le fait d’asséner ces affirmations détourne le chercheur de sa propre force d’investigation en lui-même vers la remise de sa destinée en une autorité extérieure.N’oublions pas les prophéties de l’an 1000 et de l’an 2000, du haut Moyen Age, des années 60.Les chrétiens du Ier siècle ap. J.-C., par exemple, croyaient que la fin du monde adviendrait durant leur vie. Jésus, dans l’Évangile selon Marc, chapitre 13, verset 8, compara la fin du monde avec les douleurs de l’enfantement d’une mère, et l’image impliquait que le monde était déjà « engrossé » par sa propre destruction, mais personne à part Dieu ne peut connaître le moment auquel cela se produira. Lorsque les convertis de Paul à Thessalonique furent persécutés par l’Empire romain, ils crurent que la fin était arrivée. Cependant, le doute monta lorsque dans les années 90 apr. J.-C. les chrétiens dirent qu’ils observèrent que ce qu’ils croyaient qui leur arriverait ne se produisit pas. Dans les années 190, Justin Martyr déclara que Dieu retardait la fin du monde parce qu’il voulait que le christianisme devienne une religion mondiale. Dans les années 250, Cyprien écrivit que les péchés chrétiens de ce temps étaient un prélude à la preuve que la fin était proche.Cependant, vers le IIIe siècle, la plupart des chrétiens croyaient que la Fin se trouvait au-delà de leur génération ; Jésus, croyaient-ils, avait dénoncé les tentatives de faire de la divination sur l’avenir, de connaître « les temps et les saisons », et de telles tentatives de prédire le futur furent découragées, quoiqu’une date fut fixée pour la Fin à l’aide des traditions juives dans les Six Âges du Monde. En utilisant ce système, la Fin fut fixée à 202, mais lorsque la date fut passée, elle fut changée pour 500 apr. J.-C. Après 500 apr. J.-C., l’importance de la Fin comme élément du christianisme fut marginalisée, bien qu’on insiste encore traditionnellement dessus lors de la saison de l’Avent.Mais au cours du temps et de ses périodes difficiles des dates d’un monde meilleur ou se finissant revinrent donner l’espérance ou un coup de fouet en l’être humain : l’an mille, 1930, 1960, 1999, 2000, 2012…

MA PROPRE EXPÉRIENCE
Pour ma part, j’ai été à l’âge de 21 ans, en contact directe et personnel avec Jacques La Maya, qui, aussi érudit, avancé et ingénieux qu’il était, et envers qui je dois l’inestimable reconnaissance de m’avoir fait connaître Sri Aurobindo et éclairé sur les sorties astrales qu’il pratiquait encore à 94 ans pour aller, entre autre, du côté des morts afin d’entrer en contact avec des membres décédés de la famille de divers amis, n’en a pas moins été un humain avec ses failles : Persuadé d’être immortel car pratiquant une alchimie « la Néo Bio Alchimie Hydricienne » dont il m’a transmis la procédure, il n’en est pas moins passé à trépas comme tout un chacun, toutefois à l’âge de 94 ans et en position du lotus, somme toute peu banal.Mais parmi ces informations fort intéressantes sur de nombreux sujet tel que le Yoga, la géobiologie dont il était un maître et un initiateur avec son best seller« La médecine de l’habitat », la radiesthésie mentale, la naturopathie, l’ésotérisme, les guérisons à distances qu’il pratiquait avec son procédé psychique du « Branch-Ab », la parapsychologie, l’eschatologie, il n’en reste pas moins comme j’ai pu le vérifier par la suite, que beaucoup de ses certitudes et visions de l’avenir pour lui-même et pour le monde se sont avérées inexactes : immortel qu’il se revendiquait il n’est plus de ce monde, de nettoyage de la Terre en l’an 2000 par des E.T. gentils qui emmèneraient sur leur planète les élus pour qu’ils reviennent sur une Terre devenue paradisiaque ensuite, après avoir eux-mêmes été retapés (j’en faisais parti bien sûr et j’en été soulagé, soulagé aussi du scénario qu’il m’annonçait pour la Terre). Les autres mourraient dans des cataclysmes. Il n’en fut alors rien de tout cela. Tout ça sous la haute guidance de trois guides qu’il contactait en sortie hors du corps : Firmin, Itine et Natalishen.Une amie à lui qu’il m’avait conseillé de consulter (ce que je ne pu jamais faire par des concours de circonstances) pour des guidances sur ma vie par ses capacités de voyance et de connexion avec des guides de Shamballa, a eu ses dons révélés par ce La Maya qui lui a remis ses corps subtils à l’endroit et ses chakras dans le bon sens de rotation car au bord de la folie quand elle le rencontra, voyant les mouvements se dérouler au ralenti et les évènements à l’envers comme elle me l’expliqua elle-même lorsque je la contactais après le décès de
Jacques LA MAYA (cf. entretients avec Jacques LA MAYA). Il me tira lui-même d’un mauvais pas dans mon ascétisme que je pratiquais fanatiquement dans un appartement au centre de Toulouse dont le lit où je dormais était placé à l’aplomb d’une rivière souterraine drainant de mauvaises ondes comme il le découvrit à distance et fût confirmé par une étude plus approfondie du géobiologue qu’il me conseilla : l’inventeur des connus plateaux et cruches BioCéram et Boules Harhome.J’attendais donc, en 1998, avec impatience l’an 2000 d’autant plus que je vivais une intense période ascétique suite à un retrait de ce monde que je ne supportais plus. S’en suivit le développement de capacités intuitives remarquables et de mes premières expériences spirituelles et occultes. Tout ce cocktail s’effondra entre autre à la mort de Jacques La Maya puis le passage classique à l’an 2000 comme s’y de rien n’était si ce n’est une tempête spectaculaire en France. Mais pas d’Ovni à l’horizon ni de gentils extraterrestres libérateurs pour la grande évacuation, ni de passage à un nouveau monde de paix, d’amour et de lumière, si ce n’est celui d’un capitalisme accru avec la mondialisation et ses conséquences....Une nombreuse littérature eschatologique alimentait pourtant les réflexions de Jacques La Maya et circulait dans les librairies à cette époque, avec des réseaux de personnes avec lesquelles il était en contact sur le même sujet et ses fameux guides qui lui avaient même fait la demande d’être à la tête du royaume de Shamballa au nom des êtres de lumières de ce royaume spirituel dont chacun a eut ouït dire dans tous les cercles New Age qu’il ou elle a côtoyé…Rien de tout cela si ce n’est la vérité nue de me retrouver sans projections en un idéal libérateur raccourcissant mes efforts d’auto libération et de non souffrance dans un monde déjà bien dure à mon goût. Non, la vie qui continue dans une dynamique effrénée avec ses chocs rappelant la dure réalité de se prendre en main pour ne pas être soi fou, soi Illuminé Space Out, soit victime broyée par la cruauté de la vie...J’avais 22 ans à la mort de Jacques La Maya et ma boussole avait coulée ainsi que la carte...Les prophéties pourtant tenaces et actives de la fin d’un monde et non pas du monde en l’an 2000 n’ayant pas vu le jour heureusement il restait sous le chapeau celle de 2012 qui est apparue un peu après comme je l’ai constaté à ma grande consternation …Heureusement, car que serions nous devenus sans cette bouée indispensable ? Désemparés à l’extrême devant un monde qui ne tourne décidément pas dans le même sens de celui que l’on voudrait. A défaut de 2012, car je m’étais fait avoir sur une date mais on ne m’y reprendrais pas deux fois, je pu me raccrocher à un « avatar libérateur universel grand maître en yoga », en effet je n’avais pas encore laissé mourir le croyant en moi mais ce qui fût fait après deux ans de sacerdoce...Toutefois LA MAYA s’était-il trompé ou bien n’était-ce qu’une erreur à quelques douze années près, est–il mort comme tout un chacun ou son immortalité physique ne s’est trouvée interrompue par un accident lors de ses sorties hors du corps qu’ils disaient dangereuses car risquant de ne pas en revenir lors de ses incursions dans l’Au-delà, ce qui faisait chuter très vite son taux vibratoire donc ne devant pas y rester longtemps...Les E.T. avaient-ils différés leur rendez-vous? Autant de mystères que le bénéfice du doute nous permet d’envisager pour notre soulageant espoir ou notre plus grande déconvenue...Pilule bleue ou pilule rouge ?Tel est le choix !

MAIS VOILA CE QUE L'ON PEUT LIRE ACTUELLEMENT SUR CERTAINS SITES :
"La décennie que nous venons d'aborder est donc une période de purification et d'accélération vibratoire pour toute l'humanité. C'est aussi un temps d'éveil, au cours duquel nous devrions accéder progressivement à une autre réalité, commencer à intégrer nos corps de Lumière et réactiver nos aptitudes télépathiques naturelles, afin de pouvoir entamer, le 21 décembre 2012, ce nouveau cycle dans les meilleures conditions. Car, à partir de cette date, rien ne sera sans doute plus jamais comme avant..."
Franchement, avec toute la lucidité dont on peut être capable, pouvons nous croire qu’une simple date, en l’occurrence un peu trop précise me semble-t-il, c'est-à-dire figée, donc figeant nos représentations et la réalité, puisse être l’avènement de toutes ces affirmations sans qu’un travail sur soi ne soit entrepris, en l'occurrence un véritable travail de discernement et d'introspection ?
Combien de fois au cours de l'histoire et notamment au cours du XXe siècle ce genre de credo a-t-il été prononcé ?!« Parce que toutes choses vont chaque jour de mal en pis, voilà que déjà la fin des temps est proche ». Telle est l’inscription que l’on peut lire à Poitiers dans le tombeau de l’abbé Mellebaude, mort au VIIe siècle. Comme beaucoup de contemporains, cet homme fut frappé par le malheur de son époque. Il y vit, comme beaucoup d’autres, l’annonce de la fin du monde ! Avec le recul des siècles, il faut pourtant admettre que les royaumes au temps de tribus barbares ne semblent pas avoir connu de fléaux plus nombreux ou pires que ceux qui ont marqué l’Antiquité ou le Moyen Age ou encore notre époque moderne. Cependant les catastrophes naturelles ont des conséquences dramatiques pour les populations dont l’agriculture est la principale ressource.
Nostradamus a fait de nombreuses prédictions, lesquelles se sont manifestées ? Pourtant l’antériorité de ses écrits remonte moins loin que celle des prophéties mayas…A moins que ces prophéties soient un moteur pour que chaque aspirant spirituel se mette au boulot, mais je suis sceptique envers la fiabilité de cette méthode et souligne davantage les travers qu’elle occasionne.

CONCLUSION
Je ne dis pas qu’il n’y a rien de vrai dans ses occurrences de 2012 mais qu’en face d’un phénomène prenant autant d’ampleur il est fortement recommandable de maintenir l’épée du discernement affûtée et non de s’amollir dans le confort d’une croyance de quelques sources qu’elle vienne et d’interpréter les évènements actuels comme conséquence de prophéties (faux précis !).La clef n’est pas dans un calendrier secret ou une date symbolique mais à l’intérieur de notre Conscience.

ANNEXE
« Le Cycle de Dune, tome 1 : Dune »Résumé :Quelques milliers d’années avant que l’histoire ne commence, la Missionaria Protectiva, branche de l’école Bene Gesserit avait entreprit d’inséminer l’univers entier de « Légendes Prophétiques » afin de s’assurer de sa sécurité et de sa domination la plus totale.Les Bene Gesserit sont un Ordre uniquement formé de femmes, qui sont éduquées dès leur plus jeune âge. Cette formation consiste en un apprentissage des textes sacrés Bene Gesserit, de ceux de la Bible Catholique Orange, et surtout en l’apprentissage de techniques variées d’un certain art du contrôle de soi (autant physique, que psychique ou mental). Utiliser l’intelligence, l’observation, au service de l’intuition ; tel est le mode d’éducation Bene Gesserit.Elles sont l’arme la plus puissante et redoutable de l’univers ; d’autant plus que personne ne soupçonne le centième de l’étendue de leurs pouvoirs.Elles incarnent l’idée même de l’art de la manipulation.Une Bene Gesserit ne peut être qu’issue d’une mère Bene Gesserit ; elle ne pourra donner naissance à un enfant qu’avec le consentement de sa « Révérende Mère » ; sa supérieure ; et cet enfant ne pourra être qu’une fille.Longtemps après l’insémination d’une Légende Prophétique appropriée au Système Planétaire Arrakis, le Duc Leto Atréides et dame Jessica mirent au monde un enfant : Paul Atréides. Un mâle, bien que Dame Jessica soit une Bene Gesserit. Elle avait désobéi.Un jour, tandis que le duc tentait de s’emparer d’Arrakis -la Planète Dune- sur l’ordre de l’Empereur, celui-ci a été tué par son homme le plus fidèle qui l’avait trahis.Dame Jessica et son fils Paul, en fuite, se sont échoués, seuls, dans le désert.Or, il existe une très vieille prophétie chez les Fremens, les nomades du désert, qui dit qu’un jour : un enfant ayant la maturité d’un adulte viendra sur Arrakis. Il sera le fils d’une Bene Gesserit. Sa mère connaîtra tous les textes sacrés du Peuple du Désert. Et il est dit aussi que ce jeune homme sera le Kwisatz Haderach, celui « dont les pouvoirs psychiques couvriront l’espace et le temps ».Paul et sa mère, après quelques jours d’errance, sont finalement recueillis par des nomades Fremens. Sa mère est au courant de la Légende Prophétique lancée par la Missionaria Protectiva, on lui a appris certains textes sacrés des Fremens, et elle est bien décidée à faire en sorte que son fils soit le Kwisatz Haderach, le messie tant attendu. Même si elle n’y croit pas trop.Dame Jessica n’aura donc qu’a répéter les enseignements qu’elle a reçu, elle n’aura donc qu’a montrer au Peuple du Désert les signes prophétiques qu’ils attendent.En fin de compte, Paul Atréides deviendra : Paul Usul Mohad’dib, dit le « Kwisatz Haderach », le Messie de Dune.L’insémination avait réussit.La Prophétie s’est réalisée.
« Le procédé Bene Gesserit d’implantation de légendes par la Missionaria Protectiva porta pleinement ses fruits lorsque dame Jessica fut sur Arrakis. L’ensemencement de l’univers par un thème prophétique destiné à protéger les Bene Gesserit constitue un système dont on a depuis longtemps apprécié l’ingénuosité. Mais jamais encore comme sur Arrakis il ne s’étaient développées jusqu’en l’adoption d’étiquettes (Révérendes Mères…). Et l’on admet généralement aujourd’hui que les pouvoirs latents de Dame Jessica furent gravement sous-estimés.Extrait de La crise arraken : analyse par la Princesse Irulan. (Diffusion confidentielle : B.G. classement AR-81088587) »


A PROPOS DES PROPHÉTIES, éclairage de la Mère à une interrogation d'un disciple sur un commentaire de Sri Aurobindo.
Extrait de "Prières" et "Entretiens" de la Mère:

Sri Aurobindo:"Beaucoup de gens vous conteront des merveilles sur la façon dont le monde fut construit et sur ce qu'il deviendra dans l'avenir; il vous diront où et comment vous êtes nés et ce que vous serez plus tard, les vies que vous avez vécues et celles qu'il vous reste à vivre; tout cela n'a rien à voir avec la vie spirituelle."
Disciple:"Est-ce que disent ces gens est pur charlatanisme? Y a-t-il un moyen autre que spirituel de connaître ces choses?
Mère:C'est souvent de la blague, mais même quand c'est juste, cela n'a rien de spirituel. Nombre de médiums, de voyants ou de gens doués d'une faculté spéciale vous racontent ces choses. Cette faculté n'est pas plus spirituelle que la capacité de construire un pont ou de préparer un bon plat ou de résoudre un problème mathématique. Il y a des capacités intellectuelles et des capacités occultes-c'est tout.

lundi 2 février 2009

L'EVEIL, ça va de SOI.

Le simple contact avec la Réalité opère la prise de conscience de notre nature essentielle et permet de nous rendre compte que nous sommes cette Conscience quoiqu’il advienne.


Dans le contact avec la Réalité tel que je peux en témoigner, la prise de conscience de ce qu’est notre nature essentielle est indubitablement associée au passage du moi en arrière plan qui se fond dans la Conscience.

Les deux sont indissociables et sont simultanés, non dissociés l'un de l'autre dans une temporalité de l'expérience. Nous découvrons notre infinitude inconditionnée par les modalités spatio-temporelles de l’existence.

Dans mon vécu les deux sont indissociables, la prise de conscience est indubitablement associée au passage du moi en arrière plan.

Ce que je peux en dire, c'est l'éveil qui remet les fonctionnements du moi à sa place: illusoires au regard de ce qu'est la Conscience. Les mythes sur l’éveil se révèlent puis éclatent, se dissolvent dans la fulgurance de l'éveil, en tout cas dans le Lumineux Absolu Brahman Omniprésent (LABO), bien qu'il soit nécessaire d'en déblayer intellectuellement quelques uns auparavant.

Le simple contact avec la Réalité – la Conscience du Tout en Tout et Partout (CTTP) change toutes les idées erronées que l'on se fait sur Dieu, sur la pratique spirituelle, sur la conception de l'éveil, et alors notre chemin prend un engagement qu'il n'avait pas jusqu'à ce jour et le mot chemin n’a plus tout a fais la même signification…

Par la découverte du Soi, la plongé dans l'Absolu, il y a cette prise de conscience absolument révélatrice et libératrice que l'éveil n'est pas en effet une histoire de morale et de valeur, de perfectionnement de soi, de pratiques, de rites, de bonnes conduites spirituelles. C'est la « seconde » révélation du Brahman. La « première » étant de le reconnaître comme notre nature fondamentale. Mais c’est une reconnaissance automatique, inhérente à cette révélation. Ce qui se révèle c’est cela. A partir de là, je sais que je suis ce que je suis. Je Suis !

L’Absolu étant inconditionné, aucune condition n’est nécessaire pour le réaliser. C’est logique !

Toujours en me référent à mon expérience je ne vois pas comment il peut en être autrement: Dans le contact avec la Réalité les illusions apparaissent d'elles-mêmes, elles deviennent évidentes autant que l'est le Brahman. Les idées erronées sont alors dissoutes avec la prise de conscience de toutes ces idées erronées sur soi-même, laissant ainsi une trace après coup, un point de repère, un étalonnage pour identifier toutes ces idées erronées, tous ces mythes que l'on se fait sur soi et sur l'éveil. La prise de conscience simultanée permet de les identifier et d'être dans la vigilance de les reconnaître par la suite et de retravailler dessus si besoin, ou d'aller en débusquer d'autres lorsque le moi reprends le dessus. Mais cette prise de conscience ne découle pas d’un effort personnel ou d’une volonté individuelle obstinée, mais de l’immersion dans le LABO. Une fois cette immersion faite le travail continu en entretenant et développant notre conscience à ce qu’elle est dans sa nature essentielle, oscillant entre des retours de la personnalité ou des oublis de ce que nous sommes mais qui ne nient pas cette Conscience que je suis. Bien que la personnalité egotique soit encore présente et se la ramène ultérieurement (c’est d’ailleurs préférable d’en être conscient), il n’en est pas moins vrai que ce qui s’est révélée à la conscience est le fondement de ce (que) « je suis », et que c’est tellement fondamental et au-delà de tout ce que je croyais, que je ne peux que m’en rendre davantage témoin et m’y donner encore plus intensément.

Cependant cette prise de conscience dépend probablement de la nature du Brahman que l’on touche, le Brahman avec ou sans attribut. Et encore, là aussi il y a différents niveaux d’expériences, différentes qualités ou intensités. Ce fond immuable et inébranlable soutenant tout peut avoir une forte luminosité chaude et une chaleur qui fait porter un regard neuf sur la manifestation, un regard plein de compassion et d’attention et un intérêt pour ce qui se joue dans la manifestation, le cœur étant comblé. Loin du Soi exclusivement froid et distant que l’on peut appréhender au début en s’exerçant avec des exercices de l’attention ou par la suite en explorant d’autres qualités inhérentes à la Conscience suprême.

La systématisation de l’éveil dans un processus d'atteindre cet état en un temps limité peut ne pas être la voie la plus adaptée pour chacun, car faussant la vrai intégration de l'éveil, qui, dans le mouvement de la vie, s'affranchit du cadre établit dans ce but. C’est du moins mon point de vue, loin d'avoir l'expérience de m'être confronté à de nombreux échantillons et de m’être confronté à transmettre ce processus, si tant est qu’il puisse ce transmettre. Pourquoi pas, mais les limites temporelles de cet objectif fixées par avance peuvent devenir les limites de parvenir à cet objectif. On peut s’éveiller en une seconde sans cadre ou référentiel technique.

A mon avis c'est un processus, et chacun a son rythme, ses phases d'intégration. Tout jardin se cultive et les phases de récoltes alternent avec les phases de latences et de dormances, de nouvelles semailles, de maturation. Chaque fruit donnant de nouveaux fruits issus de lui. Chaque arbuste se confrontant aux éléments qui le nourrissent ou l'assaillent et dans tous les cas l’enrichit. Illusion de la linéarité de l'éveil et confirmation que la conscience est dynamique. Assumer son éveil c’est aussi se faire fît de l’importance que les autres peuvent accréditer à notre éveil et à tout désirs plus ou moins cachés de faire valider notre éveil par une autorité extérieure. Il n’y a que soi-même qui puisse se reconnaître éveillé. De le revendiquer ou de se le faire approuver extérieurement ou par auto-approbation n’a en fin de compte aucune importance, à moins de prendre le risque de se faire enfermer dans l’éveil ou d’en faire un statut (attribution d’une étiquette par la communauté des humains ou identification figée à une réalisation personnelle).

Dans ce processus d’éveil il y a une découverte et nous sommes les enfants de celui qui nous pousse à la découverte, cette Conscience ineffable qui nous apprend à jouer avec Elle. Jouons ! Nous sommes libre de choisir la manière de vivre notre chemin. Jouer en est une. En plus, le sentier de la désolation est périmé. Simplifions nous la vie!

Dans le processus d’intégration il y a de nombreuses étapes plus ou moins subtiles et à de nivaux différents. Un des défis est de cesser de croire qu’il faut retrouver une perception identique de ce que nous avons du LABO. (Tout comme il serait vain de croire qu’il faille trouver la perception de ce que nous avons comme référentiel de percevoir les choses en énergie pour les percevoir systématiquement en énergie).

Mais il y a un jeu inhérent à ce processus d’intégration qui est de découvrir que nous sommes Cela, même si Cela n’est pas là tel qu’il corresponde à mes attentes et au souvenir que j’en ai. C’est la découverte et la prise de conscience que Celui que je cherche, ce Brahman, est aussi là et se laisse découvrir quand lL n’est pas là. C’est aussi un processus naturel pour forger notre motivation à choisir d’être dans cette Conscience et à explorer des modalités d’accès variés, et à être dans le dynamisme perpétuel de cette Réalité. Dans ce processus il y aussi un apprentissage de la nécessité de non- dépendance à l’objet de la quête, ainsi que d’abandonner à certains moments le processus d’identification pour prendre conscience de notre identité intrinsèque. Sans faire le lourd étalage d’une science indigeste, il y a ici un apport intéressant du côté de la psychanalyse. C’est le mécanisme de l’identification projective. Que ce soit envers tout objet pour le psychotique ou un objet quelconque pour le névrosé, le mécanisme de l’identification projective implique une identification à l’objet dans lequel est projeté une partie du moi du sujet. Le moi incorpore l’objet et est aliéné par lui. L’objet de l’identification se substitue au sujet. En terme plus claire c’est le mécanisme d’identification du disciple qui se projette dans le guru, (ou l’homme politique), fasciné qu’est le sujet du charisme de son idéal personnifié, et en faisant le lieu de ses projections, croyances, espérances etc. Au lieu d’enrichir le sujet qui s’identifie par projection, ce mécanisme appauvrit son moi. Le moi est le noyau du sujet, s’est son facteur d’intégrité. Une identification intégrée serait alors le processus par lequel le moi s’enrichit des qualités de l’objet, le transforme sans en affecter son identité, c’est une assimilation. C’est le chemin difficile de la décroyance, de l’indépendance, de l’autonomie, de la reconnaissance en soi de ce que l’on cherche extérieurement.Voilà me semble-t-il un exemple de ce que la psychanalyse pourrait apporter au développement spirituel. La perception en tant qu’énergie, des concepts freudiens de ça, moi, et surmoi, révèle leur réalité psychique dans la constitution de l’être, je ne m’attendais pas à cette révélation soudaine, méprisant que j’étais envers ce système ! Tous les matériaux de l’évolution sont les matériaux d’une plus ample évolution, c’est ce que peu permettre l’énergétique ou une spiritualité intégrale, donc intégrante.

Dans le processus d’union au divin il y a un jeu de relations permanentes, et c’est ce jeu qui est décrit par les mystiques ou les amants de Dieu lorsqu’ils disent souffrir de Son absence. Mais c’est l’alchimie des paradoxes ! Sans cette absence comment intégrer pleinement cette présence ? Il n’ y a pas alors à en souffrir ou à intensifier l’émotion induite par l’impatience de retrouver l’objet de notre union, mais à le vivre patiemment comme un jeu et à découvrir notre pleine identité.

Je préfère plutôt l’attitude de jouer à ce cache-cache que celle de prendre les sentiers tortueux de l’exacerbation sentimentale.

Dans ce paradoxe de découvrir que nous sommes en Sa Présence avec ou sans Lui, il y a encore un jeu dans ce processus même qui développe une étape dans la réalisation de Ce que Je Suis. En effet ce sentiment du «Je Suis» peut prendre une importance amenant à développer un certain malaise intérieur bien que je sois conscient du Je Suis. En fait, dans l’identification à la Conscience suprême peut se greffer l’ego qui perverti la perception du Je Suis. Certes « Je Suis », mais je suis un peu mal à l’aise… Que se passe-t-il ? Il suffit de laisser faire et alors il nous est donné de percevoir que bien que nous ayons la pleine conscience du Je Suis, il y a toujours l’Absolu Cela qui me fait découvrir ce Je Suis. Ça suit toujours ? Cet Absolu-Cela me fait découvrir ce "Je Suis" mais l’ego se greffant sur cette perception il la pervertit ce qui explique un certain malaise intérieur induit par une contradiction. En effet Cela est la Source de ce que Je Suis et je ne peux y suppléer. Pour le dire en d’autres termes plus conventionnels, c’est la découverte qu’en dépit d’être cet Absolu, le Brahman, nous sommes des émanations de cet Absolu. C’est en ce sens qu’est utilisée la terminologie Dieu, (le Père) : Je Suis le fils du Père (=le fils de Dieu). C’est l’apprentissage de l’humilité. Nous sommes les enfants du divin et nous le resterons. Il n’y a qu’un seul maître et c’est Lui ; Il m’attire, se dévoile ou se cache, je suis son amant ; Il s’approche et joue, me révèle comment il fonctionne, il est alors mon ami, Il est champ de conscience infini, je suis une de ses particules, etc. Cette relation s’installe naturellement et graduellement. Il n’y a pas besoin de passer des heures en méditation pour participer de ce processus. Dès que l’éveil s’est manifesté, ce jeu de relation à l’Absolu est inhérent au jeu de la vie : en prenant le métro ou assis sur un banc au milieu d’une place publique la relation au divin s’affranchit du cadre spatio-temporel de la manifestation. Certes, "Je Suis Brahman", "Je Suis Dieu "comme l’ont dit et le disent certains mystiques ce qui leur à valu polémique parfois, mais je le suis parce que je suis subordonné à Cela. Beaucoup de petites subtilités de ce genre dans l’expérience de sages ou de mystiques d’autrefois ont été le sujet d’affrontements théologiques, non sans être dénués de sens, mais qui placés hors de la connaissance des expériences vécues font figures de polémiques. (Le grand martyr du soufisme al-Hallâdj avec son « Je suis la Réalité divine, Mon Je est Dieu», ou la question du monisme exclusif entre Ramanuja et Shankara pour l’hindouisme, Ibn’Arabi et Ibn Qayyim pour le soufisme, etc.).

Pas d’inquiétude, en étant à l’écoute et en laissant faire le jeu dans cette relation, l’ego ne peux reprendre à son compte le Je Suis. Il est nécessaire donc de toujours observer aussi finement que possible les mécanismes dans notre conscience. Le jeu est un terme que je trouve adéquate car signifiant que dans cette relation il n’y a rien qui ne puisse se figer, il y a toujours du jeu, ça joue, comme dans la relation entre deux objets. Sans ce jeu, ça se grippe.

Ce qui est merveilleux dans le processus d’intégration de l’éveil c'est que l'on a le choix, et au lieu de parler de se rendormir je préférerai évoquer la possibilité de choisir à un moment donné de tourner l'attention d'un coté et le moment propice, le choix de la tourner vers l'autre coté. Ces intermèdes choisis sont le rythme du moi pour intégrer l'éveil. Ce sont des phases de latences (maturations, intégrations) et le choix d'y rester est un choix absolument révélateur de la liberté que nous avons nous les humains. C'est cette liberté qu'il est important de mettre en valeur dans ce processus comme dans toute chose de la vie car nous ne sommes pas obligé, et c'est ce qui prouve la non nécessité d'une autorité extérieure. Ce rendormissement pourquoi pas? S'il est vécu en toute conscience. Assumé. Et compris comme un mouvement rythmique. D’ailleurs où est l’impatience, où sont les tensions, où est le désir de la quête une fois révélé l’Absolu ? Il n’y a plus toutes ces perturbations même si des périodes d’intégrations sont là, ça fait parti du jeu.

« L’endormissement » pouvant être subi mais quelque part c'est un choix inhérent au processus d'intégration. Nous avons toujours le choix, tout le temps, tout le temps.

Un des plus gros obstacles étant d'intégrer ce que nous sommes : nous sommes toujours des humains très ordinaires dans une conscience extraordinaire. Quel contraste! Quelle claque! C'est pour ça que l'éveil est simple. On voudrait tellement toujours plus, les injonctions permanentes de la matrice en ce sens nous poussant dans des ornières. Pourtant tout est comblé avec l'éveil, le moi n'a plus rien à revendiquer.

Se rendre compte que l'on est ordinaire malgré un changement de conscience extraordinaire, s'il y a de la résistance à ce niveau c'est un signal pour s'y atteler à éclaircir. Qui suis je? Encore et toujours.


Il m’apparaît très clair et évident que l’éveil est vraiment que le début d’un objectif bien plus complet : celui de la divinisation de la matière. L’immersion dans la réalité ultime ne saurait suffire pour l’être humain, c’est une étape qui montre la voie à suivre pour opérer l’établissement de cet éveil puis de la conscience divine dans toute les partie de l’être, corps physique compris. S’arrêter ou constater que l’éveil est le but ultime est une perception erronée du but du divin, de la nature et de l’évolution. En théorie j’en avais eu échos, mais l’exploration de la nature de l’éveil permet d’en prendre conscience expérimentalement par soi-même. L’éveil est essentiel, c’est pourquoi l’essentiel de l’éveil est important à clarifier.

Après des millénaires d’éveillés laissant l’évolution de côté dans leur libération, l’évolution opère un tournant vers l’inclusion de la manifestation au sein du divin pour une transformation de tous les éléments de la nature.

Il y a un contraste entre l’immortalité de l’âme et la mortalité du corps. Cet abîme entre les deux pôles que sont le transcendant et l’immanent (au sens métaphysique en tant que maintien à l’intérieur des limites du monde) doit être vaincue. Nécessité d’intégrer ce malaise, d’accepter cet abîme existentiel. Vivre ce que l’on est malgré l’antagonisme entre transcendance et immanence. Cette superposition, cette surimposition des deux pôles est à la fois insupportable est merveilleuse, et sans cela je pense qu’il n’ y aurait pas d’évolution. C’est une fracture à résoudre au niveau psychologique, puis au niveau de la matière comme le propose Sri Aurobindo.

Il est aussi nécessaire de ne pas nier le transcendant sous prétexte que l’immanent reste présent et se manifeste. Manifestation qui peut se traduire par des revendications. Les revendications syndicales des sub-personnalités et de leurs représentants. En effet même s'il y a (ce qui n'est pas systématique pour chacun) les prises de conscience fondamentales inhérentes à la perception et l'identification à CTTP, la personnalité cherche encore à se manifester et fait son grand retour. D'une par cette obstruction doit être déblayée par un travail encore et encore en énergie sur la réalité du moi aussi réelle que celle du Soi, mais chacune à des places et fonctions différentes. C'est le jeu de l'ombre et de la lumière pour le dire artistiquement. Et en effet c'est un art.

La descente étant un terme s’assimilant à ce processus bien qu’il puisse revêtir différents aspects, autant dans le fond que dans la forme. A ce propos il faut clarifier la différence entre Sri Aurobindo et C.G.Jung. Ce dernier élaborant une inclusion du moi et de sa transformation sous l’angle de la psychologie à la lumière de la symbolique dans l’alchimie et les traditions spirituelles, le premier à l’aide de la Lumière et de la Force de la Conscience supérieures pour s’attaquer directement à la transformation du moi et de ses composants–subconscient, corps subtils, personnalité– pour ensuite descendre dans la matière corporelle pour la transformer avec la lumière et l’énergie de la conscience supramentale (là encore gare aux mythes, d’autant plus forts que l’expérience est difficilement accessible).

L’apport junguien peut participer du travail d’intégration de l’éveil avec des techniques de développement personnel qui se sont élaborées dans cette lignée tel que la méthode du dialogue intérieur d’Hal et Sidra Stone ou encore l’Analyse Transactionnelle, utilisé par exemple par des psychothérapeutes et des sophrologues.

En tous les cas, pour éviter une descente dangereuse, l’atterrissage en douceur est un savoir faire judicieux de l'EAL (énergie auto-alimentée) , et le manuel d’EAL est un véritable manuscrit de ressources insoupçonnées pour chercheurs en panne.

Certains ne se sont pas remis de leur éveil et s’y sont fixé, y ont élu domicile, laissant la descente de côté. L’éveil pouvant alors être dogmatisé. D’autres ont touché l’éveil mais devant l’abîme d’avec la manifestation en ont fait une maladie ou une névrose. Ils ont laissé l’éveil en des cieux inaccessibles. L’éveil c’est en fin de compte la prise de conscience de notre immortalité de l’âme. On sait intellectuellement à force de s’en être réconforté par la littérature spirituelle et new âge que l’on a une âme immortelle, qu’à notre mort elle ne périra pas. Encore faut il en prendre vraiment conscience pour le vivre et ne pas attendre intellectuellement dans une croyance en notre retour post-mortem à l’Absolu sous prétexte que nous quittons notre corps, et ce, par quelques moyens que ce soit…

L’illumination est parfois employée au même titre que l’éveil, parfois aussi le terme réalisation fait son irruption. Selon mois il n’y a pas de réalisation en tant que réalisation définitive, donc pas de définition pour « la réalisation ». Ce n’est pas une fin, c’est une évolution sans fin, car il y a une infinité de réalisations à réaliser… C’est déjà un premier pas de réaliser cela, le mythe de la réalisation se déconstruisant dans nos représentations mentales limitées. L’illumination peut être employée au titre d’être une prise de conscience sous-jacente à l'éveil qui insuffle un vent intérieur que tout est vraiment possible depuis la Conscience. Mais ce n'est qu'un signal qui nous permet de reconnaître que notre individualité peut en exprimer les potentialités, à nous d'y répondre en rendant effectif cette prise de conscience. Soit en se donnant les moyens d'activer ces pouvoirs (capacités) soit en laissant faire les pouvoirs qui émergent alors en nous. Capacité d'expression synonyme du terme pouvoir, car signification de pouvoir tout autant erronée que l’est le mot amour. Souvent ce n'est pas nous qui avons ces pouvoirs mais c'est la Source dans laquelle est plongée notre conscience qui déploie ses capacités d'expression pour notre avancé sur le chemin spirituel (agissant aussi si nécessaire dans le plan matériel dans une absolue absence d'effort, de laisser faire parfait).

J'objecterai que l'on peut toutefois avoir des capacités extrasensorielles indépendamment de tout éveil ! Loin s’en faut…

Laissons faire et l'illumination n'en sera que plus naturelle et authentique.

Finalement qu’elle importance que tous ces mots, illumination, éveil, réalisation, Ce qui Est, est Ce qui Est, et n’a de valeur et d’authenticité que pour celui ou celle qui le vît. Surtout lorsque le signifiant devient un obstacle qui nous empêche l’accès au signifié, le mot éveil devenant par exemple une représentation mental hyper construite et fortement conditionnée qui ne signifie que la croyance que l’on y accorde au travers de nos représentations. Tant que l’on ne l’a pas vécu c’est un barrage conceptuel. Mais là aussi, rien que cette phrase donne du sens au signifiant et au concept erroné qu’il véhicule. C’est ce que peuvent véhiculer des traditions hyper-construites sur la théorisation de ce qu’est l’éveil, le mystifiant plus qu’il ne l’est déjà, à l’exemple du boudhisme qui a déifié un Buddha tout à fait humain dont le terme sanskrit signifie simplement « l’éveillé » issu de bodhi, « l’éveil ».

Nous pouvons nous appuyer sur le nihilisme sartrien pour vider intellectuellement un mot de sa substance en répétant longtemps oralement puis mentalement le mot concerné ce qui abouti au désinvestissement du signifiant du mot, il va tourner à vide, complètement désinvestit de sa substance significative, c’est un jeu que l’on fait étant enfant et qui étonne et que Jean-Paul Sartre a décrit dans sa philosophie existentialiste. L’objet de l’investigation n’en devient que plus réel et le support sémantique devient une étrangeté. On découvre que le signifiant peut être remplacé par un autre et que le signifié lui ne bouge pas. Le mot et le mental tournent à vide. L’éveil pourrait ainsi s’appeler « le grand slip » ou « la ratatouille indiscrète », que ça n’aurait aucune importance pour ce qu’est véritablement l’éveil dans son vécu. Sur cette nouvelle planète surréaliste on dirait alors « Je suis ratatouille indiscrète » ou « Je suis cannette de cheval » au lieu de dire « Je suis éveillé »…, ce qui serait bien plus drôle ! Imaginons une conférence, un homme arrive et dit « depuis que j’ai atteint l’état de couscous étoilé… »

Cet aparté déconstructiviste ne doit pas nous faire oublier la force du mot et de l’énergie sous jacente qu’il véhicule. Mais sans en faire appel au pouvoir du nom, le souvenir de notre nature tel qu’elle est véritablement après en avoir fait l’expérience, c'est-à-dire que nous sommes la Conscience tel que nous pouvons le découvrir en essence, permet de s’y replonger ou réactiver son contact où que nous soyons et quoique nous fassions.

Se souvenir de sa nature essentielle comme étant la Conscience est une grande vérité et technique des traditions dans la remémoration et l’invocation du nom divin, tel que le dhikr du soufisme qui se décline en huit modalités ou le japa hindou qui a lui aussi de multiples déclinaisons. Qu'est ce que cela veut dire en fait? Au niveau de base c'est prononcer vocalement ou mentalement le nom de Dieu (en s’y référent non pas comme un concept ou un mythe mais en tant que cette Conscience totale) ou un de ses attributs, à l’aide d’un mantra par exemple, dans le but de l'appeler et d'avoir l'expérience de sa présence ou de canaliser l'attention à s'y identifier et à s'y unir = l'éveil si ça donne le résulta escompté. Ensuite à un niveau supérieur c'est faire appel à notre mémoire pour se souvenir du contact avec la CTTP lorsqu'on l'a connu (nommée Haqîqa ou Allah dans la Tarîqa =Tasawwuf, la Voie Soufi, Purushottama ou Brahman dans l’hindouisme=Sanatana Dharma, la Voie Eternelle).

C'est une technique pour entretenir notre éveil à CTTP. Chez les chrétiens c’est le fait de se souvenir en permanence de Dieu (l’union à Dieu étant une autre façon de dire l’union de notre conscience individuelle à Celle qui embrasse tout). Le corps de lumière fait aussi appel au savoir faire de retrouver un espace énergétique en se rappelant de sa qualité. Ce qui développe une aptitude de notre conscience utile pour toutes autres prospections.

Tous ça, y compris dans les traditions spirituelles des différentes cultures où elles ont pris racine, sont des savoirs faire … Les traditions spirituelles sont avant tout un ensemble de techniques et d’attitudes, de savoirs faire et de savoirs être, pour développer des aptitudes dans le but d’atteindre l’objectif de la réalisation de ce que nous pouvons nommé par le mot Dieu, dont l’éveil traduit cette prise de conscience de découvrir cette Conscience. La pluralité des traditions spirituelles émergeant dans des contextes culturels variés à des époques différentes autour d’une planète habitée montre la multiplicité des voies et de leur nécessaire actualisation au fil des siècles. Cette réactualisation est la nécessité pour la conscience de raviver les possibilités qui sont offertes à tout être incarnée de découvrir sa nature véritable en évitant la cristallisation des techniques dans des dogmes et des rituels vides de sens, et d’être dans le mouvement de l’évolution que la Conscience produit elle-même.

C’est ainsi que nous avons des techniques depuis l’aube des temps jusqu’à nos jours apportant leurs contributions et ouvrant des champs de découvertes et d’explorations nouvelles à l’exemple du Corps de Lumière. Exemple que je prend car abordant la voie par un tout autre chemin que celui auquel les traditions nous ont habitué. Habitudes empêchant l’émergence de points de vue nouveaux alors nécessaires pour casser des représentations auxquelles notre mental et notre intellect s’accrochent dans les carcans dogmatiques. Mais cela ne renie pas l’apport des traditions, au contraire ça peut les enrichir et les faire découvrir sous un angle plus authentique, en adéquation fondamentalement à ce qu’elles sont intrinsèquement.

Toutes les modalités des religions et des enseignements spirituels peuvent par conséquent être découvert dans leur essence, dénués de leurs formes et des modalités culturelles dans lesquelles elles s’inscrivent. Mais il est aussi nécessaire parfois de sortir aussi du système à partir duquel on fait ces explorations pour assouplir notre approche, la confronter à d’autres systèmes, se dégager d’un fonctionnement. Et qu’on l’appelle Dieu, Brahman, Conscience ou Océan ou Champ Infini de Lumière pour ceux qui veulent utiliser une nouvelle terminologie moins référencée à la culture spirituelle, c’est toujours de la même expérience dont il est question.

La multipluralité des points de vue évite de cristalliser toutes approches dans une seule et unique perspective, et permet d’opérer des changements de point de vue évitant de conceptualiser notre pratique quelle qu’elle soit, ou de la dogmatiser ou de l’automatiser ou encore d’en exclure d’ autres.

Tous les systèmes peuvent devenir des référentielles d’exploration pour enrichir la conscience et la vie.

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Pour accompagner ce texte : « Musiques d’extase et de guérison du Baloutchistan*, édition ocora Radio France » et « Chants de griots de l’ensemble El-Moukhadrami de Mauritanie, édition Institut du monde arabe » et « Antonio VIVALDI Nisi Dominus dont l’extraordinaire « Cum dederit dedectis suis somnum » chanté par Andreas SCHOLL».

*LE MYTHE DU SIMORGH DANS LA MUSIQUE EXTATIQUE DU BALOUTCHISTAN

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jeudi 1 janvier 2009

L’EVEIL EN QUESTION

Des êtres charismatiques diffusent leur enseignement à grande échelle sur Terre auprès de disciples reconnaissant en eux un
« avatar », un nouveau « Christ » ou un « éveillé » suprême, somme toute, qualifications qui ne veulent pas signifier grand-chose si ce n’est pour l’adepte qui s’attache à reconnaître son sauveur, voir même celui de la terre entière.
(A l’approche de 2012 ils ont le vent en poupe…)

Cependant il est à noter qu’au regard de l’enseignement dispensé et au regard de l’aspiration authentique de certaines âmes en présence de ces êtres charismatiques, il y a un écart majeur. L’écart se mesure lorsque l’on parvient soi-même à l’éveil par des voies autres que celles prônées par ces « sauveurs »,
et paradoxalement c’est par des ruptures, des bifurcations d’avec ces matrices organisées et hiérarchisées que l’on découvre sa liberté, l’autonomisation de soi (et non plus la répétition de modèles d’autonomie), et l’accès à la libération dans la conscience universelle, la réalisation du Soi.

La rencontre avec l’Absolu, le Transcendant, l’identification à notre vraie nature, le Soi suprême nous libère non seulement de l’attention fausse dans laquelle nous sommes plongés perpétuellement mais aussi de l’identification à des enseignements que l’on croyait être la condition sine qua non pour y parvenir. Dès l’instant où la conscience individuelle rencontre l’évidence impersonnelle du Soi, les enseignements paraissent souvent proposer une méthode à l’inverse de celle qu’il serait nécessaire pour parvenir à cet éveil auquel des millions d’âmes aspirent.

En effet combien de sentences, de leitmotivs n’avons-nous pas entendu de l’enseignement oral ou écrit d’éveillés mondialement connus, disant d’avoir par rapport à la vie telle attitude pour mieux l’appréhender, pour mieux vivre, pour être en phase avec elle?
Certes ces sentences qui font l’effet de vrais petits bijoux de bon sens et semblent éclairer notre esprit par leur simplicité et leur pragmatisme, nous permettent de porter sur la vie, sur notre propre vie, un regard neuf et un point de vue nous permettant de l’aborder avec plus de confiance, plus de lucidité, au meilleur des cas. Mais le risque est de tomber dans une croyance en des credo d’un nouveau genre, supervisant notre vie vers une croissance spirituelle qui n’est en fait qu’une croissance vertueuse ou moralement brillante. Croyance en des credo auxquels nous attachons un pouvoir disproportionné sous prétexte qu’ils sont issus de l’enseignement d’êtres éveillés plus ou moins charismatiques. Nous prêtons alors à ses sentences une vocation au-delà de leur compétence, celle de nous aider à notre éveil. Tout au plus elles produisent un éclairage sur la vie mais en aucun cas, et ce serait une erreur de le croire, elles nous aident en quoique que ce soit à nous faire déboucher sur l’absolu.
Elles nous en éloignent bien souvent plus que nous en rapprochent car nous proposent des modèles de comportements au lieu d’agir sur la transformation d’attitudes fondamentales à nos schémas énergétiques intérieurs. Il est étonnant de la part des éveillés reconnus et connus à l’échelle mondiale ou dans les réseaux spirituels faisant autorités en la matière, de trouver des enseignements qui sont la déduction, qui sont la conséquence de leur conscience d’éveil.

En effet que ce soit dans les doctrines énoncées par les religions et leurs écritures, par les conseils énoncés par les Saints du passés, par les modèles comportementaux que nous proposent les enseignements des éveillés à vocation planétaire, il est étonnant d’y trouver les propositions qui sont la conséquence de leur cause à leur conscience d’être éveillé. Au lieu de transmettre les modalités causales, l’éveillé transmet les modalités consécutives de cette conscience dans laquelle il est, ce qui induit une distorsion de la Voie, car ce n’est pas en appliquant les déductions induites par la conscience d’éveil que l’on trouve le chemin de l’éveil, et encore moins l’immersion dans cet évidence qu’est l’éveil.
Tout au contraire !Des organisations fortement hiérarchisées, avec des paliers d’enseignements diffusés dans des stages rémunérateurs pour leurs fondateurs, transmettant dans ces modules des enseignements dont le pragmatisme génère une meilleur adaptabilité à la vie, ne font que renforcer la matrice dans laquelle l’attention habituelle de l’être humain le maintien. S’attaquer à la fondation et au conditionnement de cette attention est le seul enseignement valable et digne de ce nom nous octroyant l’éveil. Car l’éveil est une simple réorganisation de notre attention.

Tout enseignement ou tout être se revendiquant éveillé quelque soit son importance et sa reconnaissance, s’il ne propose pas un travail sur la réorganisation naturelle de l’attention ne peut honnêtement se revendiquer comme maître et guide vers la libération, l’éveil, tout au plus conduit-il ses adeptes vers plus d’adaptabilité à la vie, mais en tous les cas les maintien dans la matrice de par le fait qu’il n’y a pas de travail sur la réorganisation de l’attention. Ces éveillés parfois embellis de l'appellation "êtres réalisés" sont en quelques sortes les agents de la matrice dans laquelle tout tend à nous maintenir, et à nous empêcher d’accéder à notre vraie nature.

Les enseignements aux directives et conseils comportementalistes sont la plus flagrante déviance de ce à quoi ces enseignements aspireraient à nous conduire.
« Soyez ceci », « soyez cela », « comporter vous comme ceci »,
« ne vous comportez pas comme cela » dans vos relations, dans votre vie, dans votre travail, sont des inepties qui figent notre attention dans des croyances au lieu de nous libérez dans une vie acceptatrice de tout en nous et autour de nous, quand bien même ces directives soient décrétées par des éveillés. Ce sont des injonctions départageant le mauvais du vertueux sous prétexte que les bonnes pensées nous conduiraient vers l’éveil et que les mauvaises nous en éloigneraient.
Le problème ne se situe vraiment pas là. Au lieu d’aborder le problème en amont il est abordé en aval !
« Les situations et les autres sont exactement comme ils doivent être, il ne peut pas en être autrement ». « Voir clairement tel que c’est ». « Aimer les autres comme soi-même ». « Faîte taire votre mental », « supprimer tout désir ». Etc.
Tout ça c’est bien joli mais ce n’est pas ce qui fonde le mouvement de l’éveil à la réalité ultime. C’est ce qui en découle, et sans en être passé soi-même par l’éveil cela reste du superflu, de la fioriture, du décorum, tout au plus un manuel de savoir vivre ensemble mais il n’est alors pas indispensable d’en recourir à un enseignement quelconque mais plutôt de savoir ce que nous recherchons sinon les pistes vont se juxtaposer, s’entremêler dans la conception du chemin spirituel et égarer l'aspirant vers le but qu'il souhaite atteindre.

Bien qu’il n’y ai aucune entrave à l’éveil de favoriser pour le disciple une meilleur adaptabilité à la vie, une meilleur compréhension de mécanismes psychologiques ou des loi de la vie, l’important est de clarifier notre propre intention pour observer si elle est en phase avec l’intention de celui qui propose la libération.
Est-ce vraiment son intention, quelles méthodes et quels moyens met il en œuvre, et voulons nous être plus efficace dans la vie ou donnons nous la priorité à notre libération ? Ce qui octroie alors de l'efficience et non plus de l'efficacité.
Même si l’un n’empêche pas l’autre. Mais il est primordial de déterminer si les recettes comportementalistes ne se font pas au détriment de la voie de la grande libération. Le discernement ne doit pas être supplanté par l’amour auquel cas l’amour risque de nous égarer bien loin de ce que sont l’amour et la conscience.

Plus authentiquement reliée à la Terre et aux éléments, la voie du çaman (et non pas le chaman-isme), que je préférerais appeler la Voie de la Terre- qui peut être véhiculée aussi par d’autres êtres que ceux appelés chamanes, méfions nous des apparences!- peut proposer certaines stratégies de déconditionnement basées sur l’action et inspirées sur l’instant par l’intuition du guide en relation avec l’aspirant. Intuitions dont le but est de briser les représentations figées et sclérosantes de notre intellect, qui par le truchement du mental empêche la malléabilité de notre attention, et ce faisant de sa possibilité de trouver son changement de position nous octroyant l’attention d’éveil.
Nous sommes loin du comportementalisme.

La relation est une base importante dans l’accompagnement que le guide spirituel propose à son disciple pour l’amener à l’éveil. Quelle est la place de cette relation dans les grands groupes internationaux dirigés par des éveillés charismatiques et déléguant leur enseignement à un fonctionnement hiérarchiques où ses plus proches disciples, ayant réalisé l’éveil grâce au maître, seront les dispensaires d’enseignements avancés et toutes une kyrielle d’enseignants hiérarchisés en plus ou moins avancés dispensent mot pour mot l’enseignement source du fondateur ?
La relation peut-elle s’établir dans un vrai cheminement d’éveil lors de darshans drainant des milliers de gens recevant leur injection d’amour divin (au meilleur des cas), dans des cessions d’enseignement s’apparentant à des modèles de bonnes conduites en sociétés et de processus de dépassement de soi issu du coaching d’entreprise (booster l'individu pour booster la rentabilité de l'entreprise), de sentences clés apprises dans ces cessions sur lesquelles une forte croyance est véhiculée comme étant la clé de toute la conduite à avoir dans le développement spirituel, et sous prétexte de ne pas être intégrées, renvoient l’adepte à la quasi impossibilité de remettre en question un système trop rigide et d’avoir une relation individuelle de maître à disciple ?
L’impossibilité de cette authentique relation est déjà à part entière un indicateur de l’intentionnalité du fondateur à proposer sa mission de sauveur à quiconque s’en remet à lui. La relation indique une interaction entre un chercheur vers l’éveil et celui qui représente cet éveil-mais en aucun cas ne peut prétendre le détenir-.
Il est un transmetteur potentiel et la relation c’est la possibilité de s’en remettre à celui qui le vie, connaît les mécanismes psychologiques et spirituels pour y accéder et peut laisser l’espace psychique et physique au chercheur d’en discuter avec lui, d’accueillir ses doutes, de solliciter ses progrès et de s’y être bien sûr avant tout intéressé.

Certains enseignements sont dispensés à grande échelle par des éveillés charismatiques dans des institutions hiérarchisées.
Le fondateur y est porté aux nues, évoqué comme sauveur d’une Terre dont chaque habitant attend d’être en contact avec lui ! Ce qu'il ne contredira pas!
Les plus dévoués ont fait leur preuve d’engagement dans le cadre structurel de la fondation à vocation spirituelle et humanitaire par du service et du prosélytisme pour la dite fondation, se retrouvant par là même encouragés à servir au plus prêt cet organisme en devenant eux mêmes enseignants au prix d’un parcours financièrement coûteux où le principal travail sur soi s’apparente à des processus tout droit importés de l’entreprise et de la communication.
Les organismes internationaux enseignants ces modules d’apprentissages parsemés d’exercices issues du Yoga, à qui ils se sont révélés au fondateur qui les transmet à l’humanité sous son modèle déposé, sont alors décrétés confidentiels.
En cherchant un peu plus loin que les livres des rayonnages de librairies ésotériques il est possible d’en découvrir quelques uns où ces exercices sont répertoriés et connus depuis des millénaires et enseignés très méthodiquement par des yogis soucieux de préserver une tradition et de la transmettre sans intention lucrative.

Le pouvoir de vision au niveau de l’énergie qui fonde toutes choses permet de décrypter le fonctionnement de la conscience et des interactions au sein de la manifestation. Le pouvoir de vision canalisé sur certains êtres charismatiques permet de voir le drainage des énergies lors de ce qui semble s’apparenter à un darshan. La focalisation des consciences prosternées devant ces êtres, alimente leur aura de lumière dans un processus de dépendance inter mutuelle des adeptes et du maître. L’accroissement de lumière autour de ces êtres peut atteindre des dimensions gigantesques et la permanence de leur éveil est entretenue par ce flux de lumière que projette inconsciemment chaque pile de conscience énergétique entièrement focalisée sur ces êtres en état de dévotions infantiles.
L’échange d’énergie est faible en retour, et l’intention de ces êtres n’est pas claire et rarement clarifiée par eux-mêmes.
Dans ce cas qui dit maître dit esclave.

Que ce soit dans ces grandes organisations internationales chapeautées par des éveillés charismatiques ou dans la pléthore de livres d’enseignements d’éveillés plus ou moins connus à dispositions dans les rayons spiritualités de librairies ; le modèle consécutif à la conscience d’éveil est transmis comme vecteur de l’éveil au détriment de la causalité à l’éveil.
Le « lâcher prise », l’ « acceptation », les « pensées d’amour pour tous » etc. sont des injonctions modelant des comportements que le mental saisi comme des bouées ou des balises sur la voie alors que ces qualités sont des saveurs que l’âme éveillée goûte d’elle-même puisque en contact conscient avec « l’élément » qui la fonde. Vouloir mener à l’éveil par ces qualités détourne le chercheur des fondamentaux que sont l’observation subtile en soi des mécanismes de l’attention et autres schémas énergétiques conditionnant notre mode d’être.

Comment alors se dégager de la matrice dans laquelle se moule notre attention et nous empêche de voir la réalité tel qu’elle est si ces enseignements ne s’attaquent pas à la causalité de ce qui fonde l’éveil, c'est à dire aux schémas d'une organisation erronée de l'attention ?


En préparation pour les prochains rendez-vous:
"L'éveil ça se cultive".
"Ce que la psychanalyse peut (enfin) apporter à la spiritualité"
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mardi 25 septembre 2007

VOUS AVEZ DIT EVEIL ?



Le témoignage qui va suivre part d’une volonté de transmettre un vécu d’expériences spirituelles qui peuvent servir d’éclairage aux explorateurs de la conscience, entre autre pratiquants du corps de lumière selon DaBen et Orin et autres aventuriers du divin. Si ce n’est de remplir cet ambitieux objectif, tout du moins en est-il de rendre hommage une fois de plus à l’Esprit, dont le vent souffle, a soufflé et soufflera encore et toujours.

UN SINGULIER VOYAGE
Le 2 avril 2005, en revenant en train de Chalons en Champagne après avoir passé un mois et demi chez mes parents pour soutenir mon père dans son opération de hanche pour une greffe osseuse (qui a très bien prise) en lui faisant notamment des soins énergétiques selon le protocole de Flow Alignement & Connection (transmis par Athabascar) plusieurs fois par semaine, voilà ce qui s'est passé:

Ce 2 Avril vers 14h j’étais dans le train de retour de Chalons en Champagne (j’en ai pas bu une goutte) avec une journée où j’étais psychologiquement pas bien, repassant en revue des situations et évaluant selon mes propres critères d’idéalisations et de jugements leurs importances, leurs valeurs, leurs caractères divin ou non…ce que je devais faire comme choix dans ma vie au vue de ces situations, faire des études d'éducateur spécialisé etc. Tout un fratra intérieur duquel je n’arrivais pas à m’extirper. Je ne me sentais pas de résoudre tout ça avec les savoirs faire du corps de lumière. Je me suis recueilli intérieurement plongeant en moi-même au centre avec l’intention de m’ouvrir vers le haut en aspirant très fort au contact de Sri Aurobindo pour m’aider dans ce mal-être, une aspiration intense à partir du centre de mon être et vers le haut avec l’intention d’un contact avec Sri Aurobindo, immédiatement je reçu une phrase en moi « Dieu est partout, God is Everywhere » ce qui produisit simultanément la perception de percevoir l’absolu sous-jacent au monde. Autrement dit la perception et l’identification à la source essentielle de tout ce qui est, de Dieu partout. Pas le concept Dieu, mais cette perception de Dieu en tout et partout, que tout ce qui Est, Est ce qui est, et que tout se déroule comme une grande pièce de théâtre sur un fond de réalité essentielle et permanente et inébranlable et que peut importe ce qui s’y déroule : ni moi dans cette perception , ni cette réalité essentielle ne sont affectés, plus de préférences ni d’aversions, tous les conflits intérieurs résolus, rien n’est pas moins ni plus divin qu’autre chose, le cœur est comblé. Rien de spectaculaire ni extraordinaire mais comme si se dévoilait l’évidence. La perception s’est maintenue le reste de la journée, le lendemain s’était estompée mais je pouvais y revenir quand je le voulais puis a plus ou moins disparue, disons que c’était en demi-teinte , émoussée mais présent avec aussi présents les mélis-mélos psychologiques, comme si les causes de la non permanence de cet état dépendaient de la nécessité de purifier la conscience et d’élaguer les paquets psychologiques, et surtout la peur de ne plus être dans cette perception qui fait que le mental se l’approprie pour la maintenir, et du coup la fige par conceptualisation, peut-être y a- t-il d’autres causes et comment les résoudre ?

Cette expérience douce et évidente s’est déroulée avec sensation douce et chaleureuse au niveau du cœur et larmes de reconnaissance tellement c’était évident, les conflits intérieurs instantanément résolus n’ayant plus aucun sens ni pouvoir dans cette perception. Le monde tel un grand théâtre de vie bruyante et agitée sur fond d’immuabilité cosmique n’ayant rien à faire que cela soit ainsi ou autrement, j’en avais rien à faire de situations qui auraient pu me déranger auparavant, tout cela aurait pu être autrement ou ne pas être, Dieu s’en fou éperdument. Dieu n'est pas ce que l'on croît. La morale et les valeurs, le bien le mal, la personnalité et ses défauts ou qualités, Dieu n'en à rien à faire, ni les rites et assiduités de pratiques spirituelles, c'est une question d'être soi-même face à soi-même et d'intensité d'appel au Suprême. Je voyais les gens dans le train qui roulait à vive allure et j'étais plongé dans cet état, c'était plutôt incongrue et beau en même temps, pas besoin de temple, de rite etc.
Cela confirme la parole de Sri Aurobindo, que le monde est le lieu de la quête spirituelle, le monde entier, où que l'on soit.
TOUT EST POSSIBLE.
EVERYTHING'S POSSIBLE.

COMMENTAIRE ET DÉTAILS
Dans mon expérience je suis intérieurement tout patraque, psychologiquement embrouillé, pensées dévalorisantes, jugements de valeurs sur ce qui est divin et ne l’est pas, les choix que je juge en adéquation avec le divin, ce qui est divin et que je dois faire, ce qui n’est pas divin et que je ne dois pas faire etc. Un désarroi total devant ma vie qui m’accapare dans un profond mal être et une déprime sombre. Je décide alors d’invoquer l’aide qui m’apparaît la plus précieuse et la plus puissante à savoir Srî Aurobindo. Je suis de toute façon dans cet état incapable d’aucune technique d’amélioration de mon état intérieur tel que l’activation du corps de lumière par exemple. Je déploie alors une aspiration intense pour établir ce contact avec ce que je me représente de plus élevé et en confiance, j’invoque très fortement Srî Aurobindo, d’une intense aspiration à la mesure de mon désarroi. Pour établir ce contact, dans l’élan rapide de mon aspiration je me centre au plus profond de moi-même à l’intérieur, étant très intériorisé mon aspiration s’ouvre vers le haut de mon être où je perçois le centre circulaire du Renawre que j’observe avec l’intention forte de contacter Srî Aurobindo. Alors instantanément je perçois les paroles intérieures « Dieu est partout, God is everywhere ». Cela me transmet en même temps l’expérience véhiculée par cette phrase, mon cœur s’ouvre et s’épanouit, je perçois Dieu, l’essentiel de ce que je perçois, la réalité qui soutien tout et partout, j’émerge dans un vaste espace lumineux immense et inébranlable, plus réel que le monde physique ; mes conflits intérieurs s’évanouissent, mes jugements et pensées n’ont plus aucun sens. Tout ce théâtre du monde, des hommes et de la terre paraît infime et illusoire, vide et incohérent au sein de ce Tout transcendant qui soutient tout ce théâtre dont aucune parcelle n’en est absent. J’ai des larmes de Joie Suprême et de Compassion pour les gens que je vois autour de moi qui ne connaissent pas Cela.
Je suis dans cette perception une grande partie de la journée, les bruits ne me perturbent pas, les préférences ou aversions n’ont aucune importance. Parfois la perception n’est plus là mais j’arrive à y revenir quand je le veux. Puis après la nuit de sommeil cela s’estompe petit à petit, ce qui me déconcerte.
Les jours suivants c’est entre deux eaux, sentant cette perception pas loin mais n’y étant plus. Le monde reprend sa place habituelle et en moi s’élève l’envie de résoudre cet abîme entre la perception Totale, Essentielle et l’illusion du théâtre de la vie terrestre au sein de cette perception de l’Absolu. Cette expérience me rend consistant et stable dans l’aspiration au divin. Les jours d’après je médite dans l’espace du corps de lumière et je lance des mantras que je sens selon les énergies que j’observe et suis avec mon attention et l’aspiration qui en découle pour appeler et projeter un mantra dans ma conscience. Je contacte l’énergie et la lumière sous jacentes aux mantras, cela m’aide pour certaines difficultés intérieures, les mantras sont consistants, corporels, et font descendre en moi l’énergie de la qualité correspondante ou la lumière de la qualité divine qu’ils véhiculent : le mantra « Shiva », une lumière intense, blanche, qui s’ouvre au dessus de moi et descend en bas, stabilisant et apaisant mes énergies sexuelles.
« Krisna » : la danse du mouvement de la vie, quel qu’il soit. Krisna is everywhere, feel it !
Dans le Fullonia cocon du Corps de Lumière je connecte des fréquences, des flux d’énergies, et exprime mentalement les mantras inspirés intuitivement, je ne fais que suivre alors l'énergie du mantra dans le cocon et le ressentir dans le corps physique, alterner les mantras, observer les interactions, les effets et sensations sur le champ d'énergie et de conscience. A la prononciation intérieure des mantras je vois dans mon corps de lumière les énergies lumineuses se répandre et onduler dans le cocon du Fullonia. C’est clair, intense et fascinant !

Une définition personnelle du mantra : Son ou mot soutenant dans sa forme et sa prononciation l’accès à l’énergie qu’il véhicule. Remarque : pour le japa, prononcer intérieurement le mantra comme si vous le criez à l’univers, le prononcer intérieurement avec générosité et amplitude. Ainsi le japa se fait sans effort car il s’exprime au sein de notre conscience avec plénitude.

Ces journées qui passent je maintiens cette aspiration en moi et par exemple me ressource d’instant en instant en m’ouvrant aux énergies rendues accessibles par le mantra « Brahmâ » répété intérieurement (japa) au volant de ma voiture pendant de longues journées de conduites sur les routes à travers plusieurs départements. Absence totale de fatigue et fluidité d’organisation à prospecter des lieux géographiques. Ensuite il y a l’effet psychologique apporté et imprégné par cette perception évidente de la Réalité Immuable, de l’Absolu : une sorte de conviction intérieure, de sûreté dans la progression spirituelle, le sentiment de devenir un fil conducteur, une ligne tracée vers mon évolution et mes aspirations. L’ouverture vers La Possibilité. L’intensification de l’aspiration : méditation, aspiration en action, recherches énergétiques, lectures de textes antiques de l’Inde pour aiguiser ma connaissance et entrer en contact avec l’énergie de leur transmission immémoriale. Avez-vous tenté de lire un livre tel que Savitri en perception énergétique uniquement ? C’est délicieux. On y comprend rien mentalement et on ne voit aucun mots ni concepts mais des flux de lumière que l’attention parcours rapidement sans avoir à ouvrir le livre.

Un mois après depuis cette attention modifiée du 2 Avril je constatais deux faits, même si je n’étais plus du tout dans cette perception, bien que le souvenir m’en réjouissais :
-Une sorte de ferveur et de certitude intérieure à accéder à des buts spirituels et matériels, disons que je sens que j’en ai les possibilités et que rien n’est impossible en explorant la recherche de cet état et en appuyant mon déterminisme sur cette perception.
-Une compassion qui se manifestait lorsque je voyais toute cette réalité et ces êtres humains au sein du Cela que je vivais et m’enlevait tout désarroi. Du genre "Je sais et Eux ne savent pas, mon cœur est tout attendri et compréhensif, puissent-ils eux aussi Le connaître". Il y a aussi parfois une sorte d’assurance tout feu tout flamme plutôt déconcertante.

Quelques mois s’écoulent…
Par la suite au cours des mois suivants, en me rebranchant sur Srî Aurobindo son énergie me catapultait directement sur le Brahman, me montrant par là que je pouvais et devais directement contacter la Source, le Divin lui-même. Parfois je sens une force irrésistible à méditer et un jour en m’y subordonnant, l’énergie de Srî Aurobindo passe jusqu’à travers mes pieds, s’incarnant en terre ou se transmettant dans le corps de quelqu’un s’il me touche. Un jour forte intensité de l’aspiration à Savitri et descente de ses énergies dans mon aura qui se déversent sur le plan terrestre quoique que je fasse. Tel est le but de l’action me semble-t-il, être le vecteur d’énergies divines dans la moindre de nos actions quotidiennes aussi petites et insignifiantes soient-elles. C'est l'essence du Karma Yoga.
Une nuit j'ai rêvé et ressentais cet état d’éveil au cœur du rêve. Je m’éveillais dans le rêve.

Les années passent…
-Je ne baigne pas dans cet état en permanence mais c'est plus facile à contacter si je m'y concentre ou si je m'en rappelle comme cette fois où j'étais assis sur un banc en ville et j'ai pensé au divin, immédiatement je l'ai perçu en tout et partout soutenant et aussi animant ce monde ; pas une goutte, pas une particule de ce monde n'est pas Lui, et tout ce meut en Lui. Une grande confiance se dégage.
-Suite au 2 Avril 2005 j'utilise les mots déclencheurs « Dieu est partout, God is everywhere »; cela me connecte par moment au changement radical de perception mais un bref instant.
-Ce changement de perception du 2 avril me taraude mais outre le fait de m'en souvenir je m'y replonge intentionnellement comme une fois après une médite dans le Vee; c'est resté une demi-journée, j'étais content. Ancrage dans l'Absolu, le Brahman, efficace avec le Vee ( centre supérieur du corps de lumière).

Se souvenir de Lui est une clef pour y revenir car le rythme de la vie quotidienne nous fait quitter l’attention de cette perception, de cette Réalité qui ne nous quitte que de notre propre faite.

Une qualité qui découle de cette expérience c’est une qualité plus attentive aux êtres et à la vie, une compassion envers eux, une douceur à leur égard lorsque je prends conscience simultanément de cette Réalité qui sous-tend tout et tous les brouillages propres à nous même qui nous coupent de cette perception.
Parfois si je pense et veux bien demander à mon Ours guide d'être mon intercesseur il le fait. Je méditais courant 2007 et portais mon attention sur lui en lui demandant de m’aider à contacter l'Absolu, hop, il servait d'intercesseur et son énergie envoyait la mienne sur le Brahman inactif et lumineux que je contactais simplement. Pas de façon puissante mais suffisamment pour le ressentir et être dans ce qui perçoit.
En ce qui concerne cet Ours, animal personnel de pouvoir apparu en Janvier 2006,voir ce lien.

DÉMYSTIFICATION
Comment une telle évidence, «l’Evidence», échappe-t-elle à la majorité des êtres humains et est si laborieusement accessible aux chercheurs spirituels en quête d’éveil et de libération promis par les textes et les témoignages « d’éveillés » ? Toutes ces sources écrites de spiritualités diverses et religions avec leurs éveillés décrétés conformes et officiels -les gurus auto décrétés- ou décrétés comme autorités incontournables en la matière, éveillés anciens, modernes ou contemporains, tous avec leurs préceptes, leurs descriptions emphasées et métaphoriques, leurs expériences devenues croyances et concepts parfois, leurs méthodes et leurs techniques qui induisent une complexité et une accessibilité élitiste à l’Absolu, à Dieu, à l’éveil, moralisent sur des valeurs plus que n’inspirent la fluidité avec tout ce qui EST, mystifient plus que ne discernent.
En effet une véritable mystification de l’éveil s’opère chez le chercheur des plus sincère et constitue l’obstacle majeur au glissement dans l’Evidence. S’attaquer à cette mystification fût sûrement le premier pas de déblaiement psychologique me permettant de concevoir l’éveil comme étant plus accessible que je ne le croyais. Les éclairages de textes autour de l’éveil à la lumière des propres investigations et contacts avec des démystificateurs d’éveil furent d’une contribution essentielle pour mon contact avec l’Evidence.
Au retour de cette immersion dans l’Evidence je ne puis que confirmer à la lumière de mon expérience la nécessité de cette investigation et les mythes que mon immersion dans l’Absolu a détrôné.

Quels furent ces mythes dont j’eus conscience après coup ?

-Je ne suis pas éveillé parce que...
C’est sûrement le fondement essentiel de tous les mythes autour de l’éveil ayant pour racine la conception mentale qu’il faut une ou plusieurs conditions pour accéder à l’éveil.
NON l’éveil n’est conditionné par rien d’autre que de s’abstraire de toute condition. L’Absolu, Dieu, le Réel n’est limité par aucune condition, c’est sa particularité essentielle qui en fait une accessibilité pour qui que ce soit, riche ou pauvre, croyant ou non croyant (plutôt non croyant d’ailleurs…), homme d’affaire new-yorkais ou berger d’alpage, pilote de ligne ou éboueur, travailleur exemplaire ou voleur, moine ou scélérat, criminel ou citoyen exemplaire etc.

-Le mythe de l’expérience extraordinaire, fulgurante, d’un changement total de ce que je suis, un retournement énergétique puissant que je ne peux même pas imaginer ou concevoir tellement ce doit être fort…
NON l’éveil est simple, si simple que se révèle l’Evidence…

-Le mythe que si je parviens à l’éveil, si je stabilise cette expérience que je crois être le but et la fin je n’aurai plus à chercher, à être dans la passion de la recherche, de l’exploration…
NON l’éveil n’est pas un but final encore moins une expérience ou un état à atteindre, tout reste à faire, notamment relier le pôle perception Absolu Immuable avec le pôle matière, théâtre illusoire désuet ; le pôle réalité impersonnelle transcendante avec le pôle personnalité incarnée. Le pôle manifestation individuelle, ce que je fais, ce que ma matière est dans ce monde ridicule avec le pôle perception de l’arrière plan inébranlable.

-Le mythe que je dois changer pour être éveillé, pour avoir la permission de recevoir l’éveil et que je fais des pratiques spirituelles en ce sens.
NON, l’éveil n’est pas une question de morale ou de valeur, ni de mérite ou de labeur ; c’est la simple réorganisation des choses intérieures dans leur juste mesure permettant de percevoir alors la perception du Réel. C’est tout au contraire la fin du jugement intérieur de l’ordre des choses intérieures et extérieures. Aucune autorité ne juge et ne tien compte de notre mérite à l’éveil, surtout pas "Dieu".

-L’éveil est un phénomène énergétique qui nécessite l’ apprentissage de perception des énergies, d’exercices d’ouvertures des çakras, de techniques occultes ou spirituelles, de capacités de connexions aux énergies suprêmes etc.
NON, l’éveil n’est pas une prouesse énergétique, c’est un réajustement naturel de là où je porte l’attention.

-L’éveil nécessite la disparition de tous les défauts empêchant d’y accéder.
NON, la perception de l’état d’éveil s’en fou des défauts, tout est cette perception absolue, immuable, stable, transcendante. Des pires défauts aux meilleures actions, tout est ce qui Est, partout. La nature de l’action ne conditionne pas l’accès à l’éveil. (Cette simple phrase résume les quelques centaines de vers de la Bhagavad-Gîtâ ). Bien au contraire, la reconnaissance de ce qui est sans jugement de valeurs, sans discrimination de soit disant défauts et autres traits de caractère, facilite l’accès à l’état d’éveil, y compris reconnaître que je ne peux pas accepter de reconnaître et reconnaître ce que je juge ou m’incommode. Être avec ce qui est réduit l’espace de séparation de mon être avec Ce QUI EST (L’Absolue Réalité). Simplement être conscient de ce qui me constitue. Cela empêche de s’extraire de soi-même, cela permet de redescendre à chaque fois d’un cran dans la détente de ce que je suis et de qui je suis dans sa complétude.

-Le mythe qu’il faut se retirer dans des lieux appropriés et y travailler sa recherche intérieure, pour s’éveiller.
NON, l’éveil peut se produire n’importe où, dans le wagon d’un train rempli de voyageurs par exemple (comme j’en témoigne), l’essentiel étant l’aspiration intérieure en soi et vers le haut pour ce qui est de ma propre expérience du 2 avril 2005. Pour paraphraser Srî Aurobindo -mon guru racine comme on dénomme dans le bouddhisme celui qui initie à l’immersion dans l’Absolu- « le monde entier est le lieu de l’aspiration ».
Rien n’est plus sacré que tout ce qui est, tout est sacré.


-Le mythe que la vie d'un éveillé est transformée.
NON, pas en apparence. Intérieurement oui du fait d'un changement de perspective, de regard sur la vie mais rien d'extérieur ne paraît pour dire qu'un tel est éveillé. Le lot du quotidien continu et peut même s'amplifier!

-Je soupçonne un autre mythe qui est celui de croire que l’éveil n’est pas stabilisé ou acquis parce que la perception de l’Evidence n’est pas permanente.
En fait je soupçonne encore une erreur du mental figeant l’expérience telle quelle devrait se pérenniser selon notre conception et chercher appui dans la vieille habitude judéo-chrétienne de dévalorisation de soi-même pour s’empêcher de vivre la fluidité de l’expérience et l’investigation perpétuelle possible de cette état pour l’explorer, l’affiner, le développer, l’enrichir, le confronter à des points de vue différents et relever le défi d’accepter la malléabilité de notre être et du changement d’instant en instant de l’énergie de l’univers.

L’éveil est un état tellement évident et simple quand on le contact que l’on peut se dire que tout ce que nous faisons de pratiques spirituelles pour s’améliorer ne vaut rien, apparaît secondaire voir subsidiaire. En fait l’éveil est Tout et anéanti les conflits intérieurs, dissous les mélis-mélos psychologiques, les revendications et doutes des subpersonnalités. L’essentiel est de développer des stratégies pour reconnaître ce qui Est, que l’on appellera plus spécifiquement « l’éveil ». Ces stratégies sont plutôt à envisager comme être soi-même son propre stratège et créateur des stratégies personnelles au regard de la connaissance de ses fonctionnements personnels, plus que d’appliquer des recettes d’éveil.



Suite à toutes ces démystifications, la tentation peut être de se dire qu’il n’y plus rien à faire pour immerger dans l’état d’éveil car tout ce que nous faisons ou avons fait de pratiques intérieures paraît désuet, insignifiant face à l’évidence et à la totalité de la perception du Tout partout.
Pour ce qui est de mon expérience, l’apprentissage et le développement d’aptitudes intérieures pouvant canaliser mon aspiration à contacter Srî Aurobindo pour demander son aide m’ont permis de recevoir cette perception « Dieu est partout, God is everywhere ». Plus que des mots, c’est la perception, l’expérience de ce que sous-tendent et ont véhiculé ces mots dans mon être, ma psychologie et mon cœur qui m’a permis de me rendre compte de l’Evidence et d’en pleurer de joie.

Quelques pistes d’exploration personnelle:
-Reconnaître ce qui est et non chercher à être parfait.
-S’immerger dans la conscience de Brahman, « ce qui perçoit » par l’aspiration ou la remémoration.
-Élaguer les obstacles à l’éveil en les contactant et les transformant par les savoir-faire énergétiques du Corps de Lumière ou autres.
-Résoudre la stabilisation de la perception de l’Absolu. En effet pour ce qui est de mon expérience comme on a pu le voir plus haut, rien n’est acquis !
-Déraciner le mythe « je ne le mérite pas ».
-Opérer le lien conscience absolue (impérissable et immuable) et conscience relative (individuelle et personnelle, changeante et mortelle). Le Tout-l’individuel. La conscience-le Cocon- l’âme.
Variantes du lien entre Absolu et Individualité :
-Observer le cocon du Fullonia de l’extérieur.
-Aller retour Individualité -Conscience qui perçoit- Absolu.

Dieu, Brahman, n’est pas une entité extérieure à soi-même que l’on doit atteindre mais une réalité qui nous appartient.
Rien ne peut nous en séparer ni ne nous en sépare. Aucune condition ne nous est demandée pour le percevoir si ce n’est la condition de se libérer de toute illusion de devoir remplir des conditions.


Aucune pensée, aucun acte n’est jugé par Lui. Seul le jugement porté sur soi-même, le jugement de valeur de soi-même comme la dévalorisation, le sentiment de culpabilité, la réflexion sur des conditions qui ne sont pas remplies envers Lui nous empêche alors de Le découvrir.
Son accueil est inconditionnel, rien ne l’entache, aucune pensée, aucun acte.
Rien ne le perturbe, aucune colère, aucune violence.
Rien ne l’afflige, aucune misère, aucune guerre.
Rien ne l’émeut aucune piété, aucune passion.
Rien ne l’exaspère, aucune faute, aucun désir.
Son immersion en Lui nous fait rayonner de compassion envers ceux qui ne Le perçoivent pas.
Plus vaste que le ciel,
Plus chaleureux que le soleil,
Plus étincelant que l’or,
Plus solide que l’airain,
Plus invincible que l’atome,
Plus compact que le diamant
Et plus pénétrant et enveloppant que l’Ether.

Tel est le Réel, la Réalité absolue, Dieu de la Bible, Brahman des Upanishad, Allah du Coran, YHVE du Zohar, Wakan Tanka des Sioux Lakota etc., ce qui n’est ni plus ni moins la substance de cette vie, le substrat de l’univers, l’énergie inébranlable, l’énergie source de toutes énergies, notre vraie nature, Lumière de la Lumière.


Étudier la nature de cette lumière suprême et les lois physiques qui lui sont inhérentes tel devrait s’annoncer le futur d’une spiritualité dénudée de toute morale, de tout credo, de toute relation projective, de toute projection affective, de toute croyance subordonnée au mal et au bien, à la faute et à la vertu, aux bonnes et aux mauvais actions, au karma remédiable ou irrémédiable. Aborder l’univers et les questions métaphysiques et spirituelles sous l’angle de la physique quantique semble être un pas vers la libération de l’influence d’enseignements écrits et oraux peux renouvelés ou peux régénérés à la lumière d’expériences contemporaines, nous laissant dans un rapport infantile et conceptuel avec le divin et ses modalités d’accès.
Le Créateur nous a fait à son image, alors soyons créatifs !

ET L’EGO DANS TOUT ÇA ?
Les aspects de la personnalité ne sont pas des conditions pour recevoir ou non de l'aide spirituelle. Je savais déjà cette illusion de la personnalité face au monde spirituel car l'ayant expérimenté mais c'est fou comme on oublie vite et l'ego croit devoir s'infliger des blâmes et s'interdire l'ouverture spirituelle sous condition d'avoir un comportement et une personnalité corrects !
Par exemple après une grosse colère le premier réflexe est de culpabiliser et de croire qu’un dieu autoritaire nous juge et que l’on ne mérite pas sa présence. Mais en observant finement une grosse colère, d’une part ça fait du bien (si elle est détournée vers un objet matériel inerte plutôt que sur un être humain !) et après avoir culpabilisé de ce genre d’attitude, lorsqu’elle ai abordé du point de vue du Soi, de l'identification furtive au Brahman ou tout du moins du souvenir de son contact auprès de lui, ça fait rire...L’ego est irréel face à cette Réalité. L’ego se donne une importance qu’il n’a pas face au Réel et disparaît à Son contact, mais le piège est de se couper d’une connexion à l’Absolu ou à un guide ou un être spirituel sous prétexte de ne pas être à la hauteur, ou pur ou sans défaut. Mais la nature même de notre vraie nature, de ce Soi suprême est par nature sans tâche et sans défaut, l’ego et ses aspects n’ont aucune prise sur cet Absolu. Franchir le mur de l’ego c’est se permettre ce que l’identification avec l’ego ne nous permet pas : l’ouverture et l’accès à des plans supérieurs.

Un petit éclairage du point de vue du corps de lumière avec la méditation Personnalité-Renawre :

Contact des limitations : énergie de la personnalité qui fait un mouvement de retrait vers l’intérieur. Travailler sur ce mouvement (que j’interprète à la lumière de l’énnéagramme comme correspondant au type 9 qui me caractérise) génère des flux d’abondance intrinsèques à soi-même qui opèrent plus profondément que des travaux énergétiques tel que « contacter l’abondance ». Ce type de travaux compensent le mouvement tandis qu’un travail de personnalité est plus efficace, s’attaque à la racine.

Au cours de la méditation Personnalité-Renawre quelques prises de consciences et lumières :
(Ce sont des mots et idées qui traduisent une expérience qui est mon expérience, ce ne serait être une généralité car c’est de ma propre investigation pour moi-même dont il s’agit mais je la transcris dans l’idée qu’elle puisse inspirer d’autres âmes, toutes ses idées découlent d’explorations énergétiques dans le cocon du Renawre).

Perfection, être parfait : croyance. Qui m’a dit que je devais être parfait ? Chercher la perfection n’aboutira pas. C’est s’améliorer soi-même qui permettra de goûter à la perfection dans un mouvement dynamique. Mais la perfection absolue n’existe pas car l’évolution est en mouvement ainsi que l’amélioration de l’être. Arriver à la perfection n’est pas la perfection car ce serait figé, or l’amélioration est perpétuelle.

Les limitations de la personnalité rencontrent les limitations extérieures équivalentes. Travailler sur ses propres limitations améliore la relation extérieure. Modifier l’énergie de la personnalité, changer les flux, trouver de nouveaux courants, apporter de nouvelles qualités d’énergies.

L’évolution ne pourra avoir lieu sans personnalité. Elle est le creuset du travail à l’amélioration dans le plan matériel.

Les sous personnalités reproduisent, nourrissent et renforcent le schéma d'énergie de la personnalité, en l’occurrence le mouvement de retrait contacté au début de la méditation.

Le travail sur la personnalité permet une intégration de l’éveil. Sans cela l’éveil est un éveil dissocié. Les limitations et puissances des sous personnalités qui sous-tendent la personnalité sont les interfaces permettant l’intégration de l’éveil dans tous les plans de l’être. Sans cela la conscience de l’éveil se retire et laisse libre cours aux mouvements naturels de la personnalité. Travailler sur ces interfaces, ces obstacles, permet l’intégration de l’éveil, c'est-à-dire l’ouverture de la conscience d’éveil à tous les plans et mouvements de l’être.

Énergie des limitations de ma personnalité : blessures, irritations : Apporter beaucoup de flux émotionnel à l’aide du Ranthia.
Mon type retiré 9 (de l'Ennéagramme) : en travaillant sur la personnalité je contact une ouverture à la Force, contact de la force en moi, renforcement des couches du cocon du Renawree, de l’aura, densifier en lumière et énergie les couches, surfaces du cocon.

L’éveil dissocié (illusion du monde du point de vue de l’immersion dans l’Absolu) laisse l’évolution de côté.

Le type « retiré » 9 est le plus apte au potentiel d’abondance et manifestation d’abondance et intégration des énergies extérieures. Pour cela il doit observer son mouvement énergétique de retrait et puiser dans ses savoirs faire intérieurs (qui deviennent des savoirs être) pour changer son énergie, ses mouvements d’énergie. Alors la conscience s’expanse dans l’intégration de tout le monde extérieur, la force se développe ainsi que la participation active et en pleine conscience à tout ce qui l’entoure. La vie est Une et dynamique.
Type de personnalité avec une grande facilité à se laisser porter. Avec les dangers et les bénédictions que peut amener une telle attitude.
Se laisser porter sans se retirer = énergie noyau, force et stabilité, neutralité, conscience totale.

D'autres explorations et points de vue surgiront sûrement au fil du temps comme il en a été pour ces 3 années, ils viendront enrichir les pages du CARNET D'ÉVEIL. Les commentaires sont libres et j'invite tout chercheur (et trouveur) à écrire pour lui-même ou pour un partage les expériences intérieures qu'il vit. En effet c'est une aide précieuse de concrétiser par écrit son vécu, ce qui réactive les potentialités intérieures, permet de ne pas oublier et de ne pas sombrer dans la dévalorisation de soi et permet de reconnaître honnêtement ce dont on est capable.




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